BFMTV

780 tonnes de steaks hachés frauduleux distribués à des associations d'aide aux plus démunis

(Image d'illustration)

(Image d'illustration) - Justin Sullivan - AFP

La répression des fraudes a annoncé ce vendredi avoir découvert une "tromperie" sur la qualité de steaks hachés distribués par une entreprise française à des associations d'aide aux plus démunis, précisant néanmoins que leur consommation ne présentait pas de risque pour la santé.

Les associations caritatives ont-elles été trompées? La Croix Rouge, Les Restos du Cœur, le Secours Populaire et la Fédération française des banques alimentaires ont découvert que les stocks de steaks hachés qui leur ont été livrés depuis juillet 2018 ne contenaient pas de viande, révèle ce vendredi RTL. Au total, plus de 7 millions de faux steaks ont été écoulés et 780 tonnes ont été livrées aux quatre associations pour un achat groupé d'une valeur de 5,2 millions d'euros.

De la peau, du gras mais pas de viande

Alertée fin mars par les associations, la répression des fraudes a confirmé ce vendredi dans un communiqué qu’il y avait eu une "tromperie" sur la qualité de ces steaks fournis par une entreprise française s'approvisionnant en Pologne. Un intermédiaire français a également été identifié. Les dirigeants des deux sociétés françaises ont été entendus par les enquêteurs.

"Les associations ont été très réactives, elles se sont aperçues que l'aspect n'était pas naturel et elles nous ont prévenus, ce qui nous a permis de lancer des contrôles", a expliqué sur RTL la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie Agnès Pannier-Runacher.

Les enquêteurs de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ont prélevé plusieurs dizaines d’échantillons de steaks hachés pour les faire analyser dans ses laboratoires. Résultat: ils présentent des excès de gras, une mauvaise qualité des tissus, et des défauts dans la composition. Concrètement, ces steaks ne contiennent pas de viande mais du gras, de la peau d’animaux, du soja, de l’amidon et d’autres produits non autorisés.

"Food fraud"

Les associations ont été appelées à retirer de la distribution l’ensemble de ces denrées suspectes, qui ne présentent cependant aucun risque pour la santé des consommateurs, assure la DGCCRF. Les investigations sont toujours en cours. Au niveau national, les conclusions de l’enquête seront transmises à la justice une fois finalisées.

Les faits mis en évidence sont susceptibles d’être qualifiés de tromperie en bande organisée, une infraction passible de 2 ans de prison et 1 million d’euros d’amende, a précisé la DGCCRF qui tance: "On va transmettre au procureur et il est hors de question que ce type d'attitude se reproduise."

Les autorités françaises ont également saisi les autorités polonaises via le réseau "food fraud" pour prolonger l’enquête en Pologne.

Ambre Lepoivre avec AFP