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313 femmes violées signent un manifeste pour "libérer la parole"

Clémentine Autain

Clémentine Autain - -

A l'initiative de la figure de la gauche radicale Clémentine Autain, 313 femmes affirment dans le "Nouvel Observateur" qu'elles ont été violées. Dans l'espoir de briser un tabou.

Il y avait eu le "manifeste des 343 salopes", ces femmes qui, alors que l'IVG était illégal, avouaient dans une tribune au Nouvel Observateur s'être fait avorter. Désormais, il faudra compter avec le "manifeste des 313 violées". Dans son numéro de jeudi, l'hebdomadaire publie un texte signé de plus de 300 noms, connus ou anonymes, de femmes qui avouent l'indicible.

A l'origine de cette tribune, présentée comme "un acte politique", la figure de la gauche radicale Clémentine Autain. Son objectif : "briser le silence", peut-être, sur les "millions de femmes" victimes de viol.

Ecrivain, joueuse de tennis, ex-femme de Premier ministre...

"Il est temps de libérer la parole, condition sine qua non pour en finir avec le viol. (...) Je déclare avoir été violée. Le dire publiquement, ensemble, est un acte politique", écrivent les signataires, issues de tous les milieux socio-professionnels.

Parmi elles, l'écrivain Frédérique Hébrard, l'ex-championne de tennis Isabelle Demongeot (dont le violeur présumé, son ancien entraîneur Régis de Camaret, est actuellement jugé devant les assises du Rhône) et Marie-Laure de Villepin, l'ancienne épouse de l'ex-Premier ministre.

75.000 à 100.000 victimes par an

Selon les associations, 75.000 à 100.000 personnes sont violées chaque année. Mais toutes sont loin de porter plainte pour cet acte vécu comme une honte et considéré comme un tabou.