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30 Millions d'amis s'insurge contre un décret qui permettrait de vendre son animal à un laboratoire

Un chien. (PHOTO D'ILLUSTRATION)

Un chien. (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Jamie McCarthy - AFP

La fondation, qui milite pour la protection des animaux, dénonce "un recul inadmissible".

La mesure avait été adoptée en catimini. Le gouvernement a assoupli le 17 mars dernier, date du début du confinement, la législation sur l'utilisation des animaux dans les laboratoires à des fins expérimentales. L'article R214-90 du Code rural et de la pêche maritime énonçait que les animaux de laboratoires devaient "avoir été élevés à cette fin et provenir d'éleveurs ou de fournisseurs agréés". Des dérogations pour la vente, fixées par le même article, était seulement possible que "lorsque la production des éleveurs agréés est insuffisante ou ne convient pas aux besoins spécifiques du projet".

Une disposition supprimée par le décret du gouvernement qui s'avère contraire à une directive de l'Union européenne encadrant la provenance des animaux promis à l'expérimentation, selon 30 Millions d'amis.

"C'est la porte ouverte au pire"

Pour Reha Hutin, "ce décret montre le manque de volonté politique pour chercher des méthodes substitutives à l'expérimentation animale". La présidente de la fondation 30 Millions d'amis alerte sur le risque pris par le décret "d'encourager un énorme trafic de chiens volés à leur maître pour être revendus à des laboratoires, comme c'était le cas jadis".

"Ce décret, c'est la porte ouverte au pire! Élevages de chiens de chasse, particuliers, n'importe qui peut vendre son animal à un laboratoire", estime aussi Christiane Laupie, secrétaire générale et fondatrice du Comité scientifique Pro Anima, partenaire de la Fondation 30 Millions d'amis.

La fondation rappelle enfin que 86% des Français se déclarent en faveur de l'interdiction totale de toute expérimentation animale lorsque des alternatives sont disponibles, selon un sondage réalisé en janvier 2020 auprès d'Ifop.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV