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24 culturistes jugés pour trafic de produits dopants

Flacon de testostérone, une hormone utilisée par certains culturistes pour se doper.

Flacon de testostérone, une hormone utilisée par certains culturistes pour se doper. - Linden Tea - flickr - CC

Le procès de vingt-quatre personnes, soupçonnées d'avoir participé à un vaste trafic de produits dopants dans le milieu du culturisme entre 2008 et 2009, s'est ouvert lundi matin à Créteil.

Les culturistes à la barre. Les juges de la 10e chambre du tribunal correctionnel de Créteil vont entendre à partir de lundi matin et pendant une semaine les clients, fournisseurs et commanditaires présumés de ce trafic de stéroïdes anabolisants et autres hormones de croissance. Vingt-quatre personnes sont soupçonnées d'avoir participé à un vaste trafic qui aurait touché le milieu du culturisme en 2008 et 2009.

200.000 euros disparus de la trésorerie d'une pharmacie

A l'ouverture des débats, les prévenus, dont la plupart ne semblent rien avoir perdu de leurs muscles, occupaient à eux seuls les trois premières rangées de la grande salle habituellement affectée à la cour d'assises et réquisitionnée pour l'occasion.

L'enquête démarre en avril 2009 lorsqu'un pharmacien de Créteil découvre un manque de trésorerie de près de 200.000 euros dans son bilan comptable. Il constate que cette somme correspond à la commande en grande quantité d'Umatrope, une hormone de croissance délivrée uniquement sur ordonnance. Depuis mars 2008, 279 boites à 681 euros ont ainsi été détournées de son officine.

Une préparatrice en pharmacie et des videurs de boîte de nuit

Très vite, les soupçons se portent sur une jeune préparatrice en pharmacie. Elle fréquente assidûment une boite de nuit de Villeneuve-Saint-Georges où les videurs, apprenant qu'elle travaille dans une pharmacie, lui auraient passé commande. C'est ainsi que le trafic aurait commencé, ce premier cercle fournissant ensuite les produits à une vingtaine d'acheteurs, tous recrutés dans le milieu du culturisme.

L'enquête, nourrie par des mois de surveillance et d'écoutes téléphoniques, a mis en évidence un système bien rôdé mis en place par la jeune femme, qui a rapidement reconnu les faits. Au total, elle et son conjoint, également poursuivi, auraient empoché quelque 450.00 euros, utilisés notamment pour la construction d'un pavillon.

Les produits incriminés sont pour la plupart interdits en France en raison de leur dangerosité pour la santé. Le procès doit s'achever vendredi.

D. N. avec AFP