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1er-Mai: à Paris, la manifestation syndicale éclipsée par les gilets jaunes et les black blocs

Une partie du cortège de la CGT lors de la manifestation du 1er-Mai à Paris.

Une partie du cortège de la CGT lors de la manifestation du 1er-Mai à Paris. - Zakaria Abdelkafi- AFP

Les cortèges syndicaux présents lors de la mobilisation parisienne ont été devancés par des manifestants gilets jaunes et des black blocs.

L’exécutif craignait une journée noire, ponctuée de nombreux débordements et de violence pour ce 1er-Mai, lors de manifestations qui devaient rassembler, outre les traditionnels syndicats qui défilent tous les ans pour la fête du Travail, des gilets jaunes et des black blocs.

La marche du cortège syndical s’est finalement déroulée plus calmement que prévu. En cause: l’impressionnant dispositif de sécurité mis en place dans la capitale, qui a permis d’éviter les débordements selon Yves Lefebvre, secrétaire général Unité SGP Police FO:

"On est au bout du rouleau en matière d’utilisation d’effectifs et en matière physique de personnel. Aujourd'hui, on a déployé 54 compagnies républicaines de sécurité", a-t-il indiqué sur notre antenne.

Yves Lefebvre souligne également l’importance "des contrôles préventifs effectués en amont" de la manifestation dans les gares ou encore aux sorties d’autoroute, et qui ont "permis d’interpeller pas mal de monde". En tout, ce sont 7400 policiers qui ont été mobilisés ce mercredi 1er mai à Paris.

Une journée "gilets jaunes" et non pas syndicale?

Si la manifestation syndicale s’est déroulée dans un calme relatif, elle a tout de même été éclipsée par les gilets jaunes et les blacks blocs, qui se sont rapidement placés devant les cortèges des différents syndicats, qui mènent d’ordinaire ces manifestations du 1er-Mai.

"Dès le début ils (les syndicats, NDLR) se sont mis en tête de cortège. Puis rapidement des black blocs et des gilets jaunes les ont dépassés pour aller au contact des policiers", a expliqué sur notre antenne Anne Saurat-Dubois, journaliste politique à BFMTV.

"On traite finalement plus cette journée comme si c’était une manifestation des gilets jaunes, ou en tout cas une manifestation à potentiel de dérapage, plus que comme la traditionnelle manifestation du 1er-Mai", a-t-elle analysé.

Le secrétaire général de la CGT en personne, Philippe Martinez, n’a pas pu tenir son point presse et a été contraint de quitter temporairement le cortège syndical. Selon un militant CGT, juste avant de partir, le leader de la CGT s'était retrouvé coincé dans des affrontements entre des black blocs et des forces de l'ordre.

"Ce que j'ai noté par contre aujourd'hui c'est que la police a chargé la CGT. Une CGT bien identifiée, a lancé Philippe Martinez une fois revenu dans le cortège. Nous on est là pour organiser les manifestations, pas pour assurer la sécurité", a-t-il dit à l’adresse du ministère de l'Intérieur.

Une manifestation syndicale rapide

Si le secrétaire général de la CGT a tenu à rappeler que ce 1er-Mai était une journée de "manifestation de travailleurs et de travailleuses qui disent au gouvernement et au président de la République qu’il faut changer de politique", les syndicats qui défilaient à Paris ont mené une manifestation particulièrement rapide.

Une fois arrivés place d’Italie, un peu plus d’une heure seulement après le départ du cortège depuis Montparnasse, les organisations syndicales ont fait demi-tour. La FSU, principal syndicat enseignant, a quant à elle quitté le cortège peu avant 15h30.

Des heurts ont ensuite éclaté entre les manifestants restants, des black blocs et des gilets jaunes, et les forces de l’ordre, notamment sur le boulevard de l'Hôpital.

Un 1er-Mai "assez terrible pour les responsables syndicaux"

Même diminués, des cortèges syndicaux parisiens ont continué de défiler dans le calme en fin d’après-midi. Ils n'étaient cependant toujours pas en première ligne, mais bel et bien derrière des manifestants qui continuaient de faire face aux forces de l'ordre sur le boulevard de l'Hôpital.

"Les violences commises par les membres de ces black blocs occultent la manifestation", juge notre éditorialiste Laurent Neumann. "On ne parle que de ceux qui viennent pourrir ce qui aurait dû être la journée du travail et du travailleur. C’est assez terrible pour les responsables syndicaux."

Selon un comptage indépendant du cabinet Occurence, 40.000 manifestants étaient présents à Paris ce mercredi 1er mai. Par ailleurs, 288 interpellations ont été réalisées dans la capitale tandis que l’on dénombre aussi des blessés du côté des CRS comme des manifestants.

Juliette Mitoyen