BFMTV
Police-Justice

Heurts à Paris: pourquoi la présence de black blocs complique l'intervention des forces de l'ordre

Des heurts ont éclaté à Paris.

Des heurts ont éclaté à Paris. - BFMTV

Les premières tensions ont éclaté à Montparnasse, dans Paris, avec la présence de membres des black blocs au milieu des manifestants pacifiques. Ce qui complique la tâche des forces de l'ordre.

Plus d'une heure avant le début officiel de la manifestation intersyndicale, les premières tensions ont éclaté à Montparnasse. Des individus vêtus de noir, pour certains le visage masqué, se sont mêlés aux manifestants pacifiques. Des membres des black blocs venus pour provoquer les forces de l'ordre ou pour détruire du matériel urbain ou des véhicules. Les policiers ont riposté avec des tirs de gaz lacrymogènes pour tenter de les disperser.

Pour l'instant, les forces de l'ordre n'ont pas été au contact de ces individus violents, les laissant faire, et ce malgré la nouvelle doctrine appliquée avec l'accent mis sur la mobilité des forces mobiles. En effet, le travail des policiers est compliqué par la stratégie même des black blocs. Ces individus violents arrivent, se mêlent à la foule de manifestants pacifiques, avant de s'équiper et de se regrouper entre eux, de dépasser la tête de l'intersyndicale et de passer à l'action.

Isoler pour interpeller

En intervenant avec précaution, l'objectif pour les forces de l'ordre est de ne pas faire de dommages collatéraux, de blesser des personnes venues pour manifester et pas pour casser. La stratégie des forces mobiles, dont le coeur du métier est le maintien de l'ordre, est d'essayer d'isoler ces individus. C'est alors au tour des effectifs des BAC, intégrés aux Brav, les "brigades de répression de l'action violente", de les interpeller.

Les autorités surveillent la situation depuis la salle de commandement de la préfecture de police de Paris, où elles ont une vue d'ensemble, et peuvent ainsi décider où il est nécessaire d'intervenir.

"Le problème, c'est que soit les forces de l'ordre reculent et les autres avancent dessus, à un moment il va falloir inverser et lancer une charge contre eux, détaille Bernard Foucré, ancien haut responsable des CRS. Le tout est de savoir quand, car lancer une action, ça peut entraîner une escalade."

Plus de 7400 policiers sont mobilisés ce mercredi dans Paris, dont 50 compagnies de CRS et d'escadrons de gendarmerie mobile. Afin d'éviter la venue des membres des black blocs, l'accent a été mis par la préfecture de police de Paris sur les contrôles préventifs dans les gares et stations de métro. A la mi-journée, les forces de l'ordre avaient réalisé 9016 contrôles qui ont conduit à 165 interpellations, principalement pour de la détention de matériel offensif pouvant servir d'armes.

Justine Chevalier