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10.000 euros d'amende et six mois de prison avec sursis pour "Mamie Loto"

Yvette Bert, à la sortie du tribunal, jeudi.

Yvette Bert, à la sortie du tribunal, jeudi. - Denis Charlet - AFP

La justice a condamné jeudi une grand-mère qui organisait des lotos et reversait tous les gains à des associations caritatives, sans verser d'impôt sur les recettes.

"Je veux mourir". C'est par ces mots qu'Yvette Bert, 77 ans, surnommée "Mamie Loto", a réagi au verdict de son procès, jeudi: six mois de prison avec sursis, et 10.000 euros d'amende, dont 5.000 avec sursis. Elle a en outre été condamnée par le tribunal correctionnel de Saint-Omer à verser au fisc un total de 117.842 euros, au titre d'amendes douanières.

Elle gagne... 650 euros par mois

Une condamnation incompréhensible pour cette vieille dame, actuellement en maison de retraite, qui n'a jamais touché un sou de trop. Elle était poursuivie pour avoir organisé 169 lotos en quatre ans, dont les bénéfices étaient systématiquement reversés à des associations caritatives. 

"Je ne payerai rien, ils m'ont démoli", a-t-elle lâché entre deux sanglots devant la salle d'audience. "C'est une sanction sévère au vu des revenus très faibles de Madame Bert, qui sont de 650 euros par mois. On peut se poser la question de savoir comment elle peut payer une telle amende", a déclaré de son côté son avocate, Me Claire Lamoril-Houtart.

Entre janvier 2009 et mai 2013, Yvette présidait l'association "Ensemble pour l'espoir", qui organisait un loto chaque dimanche à Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais. Les bénéfices, qui ont atteint 460.743 euros, étaient reversés à chaque fois par "Mamie Loto" à des associations caritatives et à des personnes dans le besoin.

 "Cercle de jeux clandestin"

Problème: la vieille dame n'a jamais payé aucun impôt sur ces sommes, générées par ce que la justice a considéré comme étant "un cercle de jeux clandestin". Or, la loi est très stricte en la matière: elle autorise l'organisation de six lotos par an maximum, avec une mise inférieure à 20 euros, et l'interdiction de faire de la publicité pour l'événement. Une loi cependant très méconnue, plaide l'avocate de la défense.

Quelques jours avant le procès, BFMTV avait rencontré Yvette Bert à son domicile. "J'ai toujours essayé de faire quelque chose pour donner, ça me retombe dessus", regrettait-elle, les mains nouées autour d'un mouchoir trempé de larmes. "J'espère qu'ils vont comprendre que je n'ai rien détourné, que je n'ai pas volé un sou", lâchait-elle en parlant des juges. Son souhait n'a pas été entendu. Reste désormais la possibilité de faire appel, mais son avocate, interrogée au sortir de l'audience, en doutait: "Madame Bert est particulièrement épuisée dans le cadre de cette affaire".