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VIDEO - Solar Impulse 2 a atterri à Oman, première étape de son tour du monde

L'avion solaire Solar Impulse 2 a réussi la première étape de son tour du monde.

L'avion solaire Solar Impulse 2 a réussi la première étape de son tour du monde. - BFMTV

Solar Impulse 2, parti d'Abu Dhabi a rallié sans encombre Mascate, la capitale du Sultanat d'Oman, lundi. Le Suisse André Borschberg était aux commandes de l'avion pour cette première étape d'un tour du monde qui, au-delà de l'exploit technologique et humain, est porteur d'un message politique fort.

L'avion à énergie solaire Solar Impulse 2, parti d'Abu Dhabi, a atterri lundi à Mascate, capitale du Sultanat d'Oman. Le voyage aura duré 13 heures et deux minutes.

L'appareil révolutionnaire, qui n'utilise aucun carburant, avait décollé à 7h12 (3h12 GMT) après le lever du jour, alors qu'une légère brise balayait le tarmac du petit aéroport d'Al-Bateen.

Solar Impulse 2 était parti en direction de l'est pour Mascate, capitale du Sultanat d'Oman, où l'avion devait arriver 12 heures plus tard, après un trajet de quelque 400 km. Il aura finalement mis un peu plus de temps. Il doit repartir mardi pour Ahmedabad (ouest de l'Inde), l'étape suivante.

72 mètres d'envergure

L'avion, baptisé SI2, est propulsé par plus de 17.000 cellules solaires tapissant 72 mètres d'ailes, soit presque l'envergure d'un Airbus A380.

Mais le SI2, conçu en fibre de carbone, ne pèse que 2,5 tonnes - autant qu'un 4X4 familial, soit moins de 1% du poids de l'A380. Les cellules solaires fournissent, via des batteries au lithium, de l'énergie à quatre moteurs électriques à hélice.

Douze étapes d'un message aussi politique

Le tour du monde, prévu en 12 étapes, est l'aboutissement de 12 années de recherches menées par André Borschberg et Bertrand Piccard qui, outre l'exploit scientifique, cherchent à véhiculer un message politique.

"Nous voulons partager notre vision d'un avenir propre", a déclaré avant le départ Bertrand Piccard, en soulignant que cette mission devait contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique par la promotion de "nouvelles technologies vertes".

Deux océans à traverser

Au total, l'appareil parcourra 35.000 kilomètres, à une vitesse relativement modeste (entre 50 et 100 km/h), en survolant deux océans, et cette circonvolution, à 8.500 mètres d'altitude au maximum, prendra cinq mois, dont 25 jours de vol effectif, avant un retour à Abou Dhabi fin juillet/début août. C'est Bertrand Piccard qui sera aux commandes quand l'avion atterrira de nouveau aux Emirats.

Après Oman et l'Inde, la Birmanie sera la destination suivante, avant la plus longue étape du trajet: cinq jours consécutifs de vol pour un seul pilote chargé de rallier Nankin, en Chine, à l'archipel américain d'Hawaï, dans le Pacifique.

"Nous nous préparons pour la grande étape en direction d'Hawaï. Le pilote sera seul à bord pendant cinq jours et cinq nuits. Cela sera notre grand défi pour début mai", a indiqué à BFMTV Raymond Clerc, directeur du centre de vol de Solar Impulse.

Ensuite, SI2 survolera les Etats-Unis, avec notamment une étape à New-York, puis traversera l'Atlantique, avec un arrêt prévu soit en Europe du Sud, soit en Afrique du Nord, avant le retour à Abou Dhabi.

Le cockpit est confortable, mais le pilote reste immobilisé dans son siège: "on fait ses besoins, on se lave avec des lingettes", a expliqué Bertrand Piccard (57 ans). "On peut incliner le siège pour se reposer", a-t-il précisé. "Et là, on se met en pilotage automatique, tout en gardant le contrôle de l'avion et en restant en contact avec les contrôleurs aériens au centre de (la mission à) Monaco". Le public peut "suivre en direct tout ce que nous faisons dans le cockpit" et au centre de Monaco sur le site actif "solarimpulse.com", selon lui. Au total, 130 personnes participent à l'aventure: 65 accompagneront les pilotes autour du monde (dans le cadre de l'appui logistique) et 65 autres seront à Monaco, au centre de contrôle de la mission (météorologues, contrôleurs aériens et ingénieurs).

D. N. et AFP