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Vers un audit des centrales nucléaires françaises

La plus vieille centrale nucléaire française à Fessenheim, près de Colmar. Le gouvernement a de nouveau exclu mardi d'abandonner le nucléaire mais s'est dit ouvert à un audit des 19 centrales nucléaires françaises. /Photo prise le 14 mars 2011/REUTERS/Vin

La plus vieille centrale nucléaire française à Fessenheim, près de Colmar. Le gouvernement a de nouveau exclu mardi d'abandonner le nucléaire mais s'est dit ouvert à un audit des 19 centrales nucléaires françaises. /Photo prise le 14 mars 2011/REUTERS/Vin - -

Le gouvernement a de nouveau exclu mardi d'abandonner le nucléaire mais s'est dit ouvert à un audit des 19 centrales nucléaires françaises, une mesure réclamée par le Parti socialiste.

Le premier secrétaire du PS, Martine Aubry, a écarté l'idée d'un référendum sur une éventuelle sortie du nucléaire, exigé par les écologistes après la catastrophe nucléaire au Japon.

"Commençons déjà par savoir la réalité des choses", a déclaré sur France Info la dirigeante socialiste, qui demande que cet audit commence par les centrales les plus anciennes, comme celle de Fessenheim, en Alsace.

Martine Aubry a dénoncé "les propos lénifiants" des autorités françaises sur la situation au Japon et les coups de boutoir portés aux énergies renouvelables. "Nous voulons une autre politique énergétique, un mix énergétique différent", a-t-elle souligné.

Pour le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, le PS fait preuve de "sens des responsabilités" avec cette proposition d'audit.

"Dire aux Français qu'on va sortir du nucléaire, c'est leur mentir. Dans les vingt ou trente prochaines années, nous ne sortirons pas du nucléaire", a-t-il déclaré sur Europe 1.

Un audit des centrales françaises, "ça ne me choque pas", a déclaré le porte-parole du gouvernement, François Baroin sur LCI.

Avec 58 réacteurs, la France est la deuxième puissance nucléaire derrière les Etats-Unis et compte deux géants mondiaux du secteur, le constructeur de réacteurs Areva et l'électricien EDF.

Provoqué par le séisme et le tsunami qui ont frappé le Japon vendredi, l'accident en cours à la centrale nucléaire de Fukushima a ravivé le débat sur la sûreté des installations françaises.

Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, estime dans Le Parisien qu'il y a "peut-être des leçons à tirer en France", notamment sur les problèmes d'inondation. "Mon obsession a toujours été la sûreté et la sécurité", souligne-t-elle.

"ONDE DE CHOC"

Réclamer un référendum sur le nucléaire équivaut à de la "politique politicienne" avant les élections cantonales, a dénoncé François Baroin.

A ses yeux, Europe Ecologie-Les Verts tente de "rivaliser avec le Parti socialiste pour essayer de faire des gains et remettre en cause tout simplement notre autonomie énergétique".

Lundi, l'Allemagne a annoncé la suspension de l'extension de la durée de vie de ses centrales et la Suisse a suspendu ses projets de renouvellement de centrales.

Pour le commissaire européen à l'Energie Günther Öttinger, les experts nucléaires européens qui se réunissent ce mardi à Bruxelles doivent évaluer si les Vingt-Sept pourraient un jour se passer de l'énergie atomique.

La ministre française de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a annoncé mardi qu'une "réunion de crise" de la filière nucléaire serait convoquée sous peu, sans précision.

Pour le ministre de l'Industrie, Eric Besson, "on ne peut pas dire" qu'en France on fait comme si de rien n'était. "Dès la conception de nos centrales, en exploitation et lorsqu'il y a des procédures de révision, systématiquement, tous les risques sont intégrés", a-t-il dit sur RTL.

"L'onde de choc de ce qui est en train de se passer au Japon va toucher l'Europe et la France, et il y aura, quelles qu'en soient les formes, un débat autour de notre production énergétique et notre production nucléaire", a-t-il cependant reconnu.

Selon lui, les dernières informations en provenance du Japon prouvent qu'on est "sur le chemin d'une catastrophe nucléaire".

Laure Bretton et Marc Angrand, édité par Yves Clarisse