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Une ONG révèle la présence de pesticides dans des poussières de maisons

Des pesticides ont été retrouvés dans les poussières de maisons proches de cultures - Mardi 1er Mars 2016

Des pesticides ont été retrouvés dans les poussières de maisons proches de cultures - Mardi 1er Mars 2016 - Philippe Huguen - AFP

L'ONG Générations futures a révélé ce mardi la présence de perturbateurs endocriniens, responsables de dérèglement hormonaux, dans les poussières de maisons à proximité de cultures.

Des échantillons de poussière ont été collectés dans une vingtaine de maisons situées à proximité de cultures (vignes, vergers, céréales).

La plupart contiennent des résidus de pesticides, dont une majorité de perturbateurs endocriniens qui provoquent des dérèglements hormonaux, a affirmé ce mardi Générations futures.

8 à 30 pesticides par habitations

L'ONG, qui milite pour une meilleure prise en compte de l'impact des pesticides sur la santé, a fait analyser une vingtaine d'échantillons de poussière et rechercher 61 pesticides différents. Les maisons étaient à une distance comprise entre 0 et 200 mètres des cultures. Générations futures reconnaît que son "enquête n'a pas la valeur d'une étude scientifique". 

Le nombre d'échantillons est faible et il n'y a pas de comparatif avec des zones a priori moins exposées. Mais l'asssociation dit vouloir "alerter sur le fait que des personnes sont en permanence exposées à des résidus de pesticides" puisqu'"entre 8 et 30 pesticides par habitation ont été détectés dans la poussière" des échantillons, avec une forte présence de ceux suspectés d'être des perturbateurs endocriniens.

Présence de perturbateurs endocriniens

Présents dans des pesticides, des plastiques, des cosmétiques.. Ce sont des substances soupçonnées d'interagir avec des protéines régulant les cellules de l'être humain, provoquant ainsi cancers, malformations congénitales, retards de développement chez les enfants, etc. Faute d'une définition précise des perturbateurs endocriniens, que l'Union européenne était censée produire fin 2013 et qui a été repousée à 2017, il n'existe pas de réglementation visant spécifiquement ces substances, alors que les preuves de leur dangerosité s'accumulent.

L'ONG estime dans un communiqué que son "travail montre l'urgence de la publication d'une définition des perturbateurs endocriniens réellement protectrice au niveau européen". Le 16 décembre 2015, le Tribunal de l'Union européenne, saisi par la Suède, a condamné la Commission pour manquements à ses obligations pour n'avoir pas arrêté à la date prévue une définition des perturbateurs endocriniens.

A.-F. L. avec AFP