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Une étude démontre que les étés chauds sont propices aux feux "zombies"

Image satellite de feux au Groenland en 2017

Image satellite de feux au Groenland en 2017 - Handout / NOAA / AFP

Ces feux "zombies" restent relativement rares et ont contribué à 0,8% des zones brûlées entre 2002 et 2018.

Les feux "zombies" sont appelés à se multiplier. Selon une étude publiée ce mercredi dans la revue Nature, ces incendies, qui couvent dans les tourbières, ont tendance à reprendre après des étés chauds. En outre, ces feux pourraient devenir plus fréquents avec le changement climatique.

Ces feux, qui ont provoqué de gigantesques incendies dans l'Arctique en 2020, sont capables de brûler sous terre et sous une couche de neige pendant l'hiver et de ressurgir en été.

Feux alimentés durant l'hiver

Des chercheurs ont utilisé des données satellites pour retracer la saison des incendies en Alaska et dans le nord-ouest du Canada sur une période de 17 ans.

Il en ressort que des températures extrêmes l'été et une saison intense d'incendies permet à certains feux de pénétrer dans le sol des tourbières riche en carbone, qui les alimente pendant l'hiver.

"Quand les gens pensent aux feux de forêts, ils pensent à des arbres qui brûlent", indique Sander Veraverbeke, de l'université libre d'Amsterdam et co-auteur de l'étude. "Mais dans ces zones du grand Nord, dans les forêts boréales, environ 90% du carbone émis vient du sol". La neige joue aussi un rôle d'isolant, poursuit-il.

Réchauffement climatique

Selon cette étude, ces feux "zombies" restent relativement rares et ont contribué à 0,8% des zones brûlées entre 2002 et 2018. Mais cela varie fortement en fonction des températures estivales, avec un chiffre qui a grimpé à 38% des zones brûlées une année.

Ces incendies "zombies" sont des foyers "qui brûlent lentement sous la surface pendant l'hiver et peuvent remettre le feu à la végétation à la surface au printemps lorsque la neige et la glace disparaissent", expliquait en mai 2020 Mark Parrington, expert du service européen de surveillance de l'atmosphère Copernicus.

Cela suggère que le phénomène pourrait s'aggraver avec le réchauffement climatique, selon les chercheurs. Les températures augmentent plus vite dans les régions polaires que dans d'autres zones du globe. L'Arctique dans son ensemble a connu sa deuxième année la plus chaude jamais mesurée en 2020, à 2,2° au-dessus de la moyenne 1981-2020.

Pour Sander Veraverbeke, prévoir où ces feux "zombies" vont émerger, en se basant sur les incendies de l'année précédente, permettrait de mieux les combattre.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier avec AFP Journaliste BFMTV