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Six centrales nucléaires épinglées par l'Autorité de sûreté

Selon le rapport annuel de l'Autorité de sûreté nucléaire, la centrale de Fessenheim et cinq autres centrales nucléaires françaises ont présenté en 2012 un niveau insuffisant de sûreté ou de radioprotection. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler

Selon le rapport annuel de l'Autorité de sûreté nucléaire, la centrale de Fessenheim et cinq autres centrales nucléaires françaises ont présenté en 2012 un niveau insuffisant de sûreté ou de radioprotection. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler - -

PARIS (Reuters) - Six centrales nucléaires françaises, parmi lesquelles celle de Fessenheim, ont présenté en 2012 un niveau insuffisant de sûreté ou...

PARIS (Reuters) - Six centrales nucléaires françaises, parmi lesquelles celle de Fessenheim, ont présenté en 2012 un niveau insuffisant de sûreté ou de radioprotection, selon le rapport annuel de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) présenté mardi.

Des défaillances du point de vue de la sûreté ont été constatées par le gendarme du nucléaire dans les centrales de Civaux, Cruas, Paluel, Chinon, cette dernière ayant déjà été pointée du doigt pour l'année 2011.

Les centrales de Cattenom et de Fessenheim ont de leur côté été épinglées pour des défaut de radioprotection.

Fessenheim, que le gouvernement s'est engagé à fermer avant la fin 2016, concentre les craintes de l'opinion en raison de son âge et de sa situation en zone sismique et inondable.

L'ASN qualifie comme en 2011 le niveau de sûreté de "globalement satisfaisant" et cette évaluation pourrait être améliorée si les exploitants répondent favorablement à l'ensemble des prescriptions et mises en demeure du gendarme.

Les évaluations réalisées après la catastrophe de Fukushima ont amené en 2012 l'ASN a faire un millier de prescriptions sur l'amélioration des réacteurs français, notamment en mettant en place des "noyaux dur" dans les réacteurs.

Interrogé sur les délais nécessaires à la préparation de l'arrêt définitif et du démantèlement de cette centrale, obligatoirement conjoints, Pierre-Franck Chevet a redit que l'ASN prévoyait qu'une période de cinq ans était nécessaire.

"La loi prévoit une procédure de même niveau que celle de l'autorisation. Un bon dossier, nous estimons ça à 2 ans. Une bonne instruction, nous estimons ça à 3 ans (...) On gagnera peut-être un an, mais c'est l'ordre d'idée", a-t-il dit.

L'ASN a également jugé le manque d'investissements d'EDF dans les centrales nucléaires "en partie responsable" de la faible disponibilité des réacteurs nucléaires pour produire de l'électricité, et peut-être de certains incidents, en 2012.

"Il y a eu pendant une certaine période un manque d'investissements global, en terme de maintenance des centrales d'EDF, et certainement pour partie responsable au moins d'une partie des indisponibilités et peut-être d'un certain nombre d'incidents", a dit Pierre-Franck Chevet.

L'ASN a recensé 1.170 événements concernant la sûreté en 2012, dont 149 de niveau 1 et 4 de niveau 2 sur une échelle de gravité Ines qui en compte 7.

Marion Douet, édité par Yves Clarisse