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Réchauffement climatique: la végétation présente sur les pentes de l'Himalaya est en train de s'étendre

Montagnes de l'Himalaya, le 4 décembre 2007

Montagnes de l'Himalaya, le 4 décembre 2007 - PRAKASH MATHEMA / AFP

Une équipe de chercheurs d'Exeter, en Angleterre, attire l'attention sur la végétation présente sur les pentes de l'Himalaya, qui est en train de s'étendre. Un phénomène dont on ignore encore les conséquences possibles pour la région.

De petits arbustes et de l’herbe s'étendent autour du mont Everest et sur les hauteurs de l’Himalaya. Une équipe de scientifiques de l’Université britannique d’Exeter a utilisé des données satellitaires de la Nasa de 1993 à 2018 pour identifier l’augmentation de la végétation dans l’écosystème subnival, à l'endroit le plus haut où la végétation est capable de pousser, composé d’herbe et d’arbustes nains cachés sous de la neige saisonnière, révèle le Guardian.

Cet écosystème, qui se trouve entre 4150 et 6000 mètres d’altitude, pourrait jouer un rôle crucial dans l’hydrologie de la région, puisqu’il recouvre entre cinq et quinze fois la superficie des glaciers et des neiges éternelles de la région. Les chercheurs s’inquiètent de l'avenir de cet écosystème, très vulnérable aux changements climatiques et à l’apparition de nouvelles espèces végétales.

"De nombreuses recherches ont été menées sur la fonte des glaces dans la région himalayenne, y compris une étude qui démontre que le taux de perte de glace a doublé entre 2000 et 2016", a déclaré le docteur Karen Anderson de l’Institut pour l’environnement et pour le développement durable d’Exeter. En quarante ans, un quart de la surface totale des glaciers a disparu.

La fonte des glaces pourrait encore s'accélérer 

L’impact de l’augmentation modeste mais significative des végétaux, entre la limite des derniers arbres et celle des premières neiges, n’est pas encore connu, mais les chercheurs estiment qu’elle pourrait favoriser les inondations dans l’Himalaya Hidou Kouch, une chaîne de montagnes qui traverse l’Afghanistan et le Pakistan. Cette région stratégique alimente les dix plus grands systèmes fluviaux d’Asie et approvisionne plus d’1,4 milliard d’êtres humains en eau.

Même si pour le moment les chercheurs ne savent pas encore précisément comment l’augmentation de la végétation pourrait affecter les approvisionnements en eau, d’autres études menées cette fois-ci en Arctique ont révélé que la végétation produisait un effet de réchauffement du paysage environnant, puisque les plantes, en absorbant de la lumière, augmentent la température des sols.

"Ce serait une mauvaise nouvelle pour l'Himalaya", a déclaré Anderson au Guardian. "L’écosystème subnival est l'endroit où la neige saisonnière est retenue et s'il fait plus chaud, vous obtiendrez une zone avec des taux de fonte plus rapide encore", a-t-elle ajouté. 

Toutefois, la chercheuse rappelle que la végétation ne peut pas à elle seule être responsable de l'augmentation des risques de réchauffement climatique et d'inondations dans l'Himalaya. Selon une étude réalisée au Tibet, l'eau des plantes qui s'est évaporée à la surface des feuilles avait au contraire refroidi l'atmosphère.

"Nous ne savons vraiment pas grand-chose sur ce domaine et nous devons y concentrer nos recherches car c'est une partie importante de l'histoire de l'approvisionnement en eau dans l'Himalaya qui se joue ici", a ajouté docteur Anderson au quotidien britannique.
Romane Ganneval