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Où la station spatiale chinoise Tiangong-1 va-t-elle s'écraser?

La chute de la structure de 10 mètres de long (et de ses débris) interviendra en fin d'année ou au début 2018.

Inexorablement, la station spatiale chinoise Tiangong-1 (Palais céleste) en perte de contrôle depuis 2013 se rapproche de la Terre. Seule certitude, elle s'écrasera à la surface de notre planète. Quand? Les astronomes tablent sur fin 2017 ou début 2018, sans pouvoir donner de date précise. Où? C'est la grande question..

Le problème est que la trajectoire de la station ne peut plus être contrôlée. Pour qu'une structure comme celle-ci reste sur l'orbite idéale, elle doit régulièrement utiliser ses propulseurs pour regagner de l'altitude, la vitesse faisant le reste en contrant la gravité et la force centripète qui l'attire vers la terre. Pour l'ISS, cette vitesse orbitale moyenne est de l'ordre de 27.600 km/h et son altitude d'orbite de 390 km. Régulièrement ses moteurs exercent une poussée pour la remettre sur l'orbite voulue. Pour Tiangong-1, le problème est qu'aucune action sur sa vitesse et donc son altitude n'est plus possible.

Pourrait-on, à tout le moins lui donner une trajectoire qui lui permette de s'abîmer au milieu de l'océan Pacifique, sans faire de dégâts sur la terre ferme? Non plus. Contrairement à Mir qui, rappelle L'Obs, avait fini sa course au large des Iles Fidji, en 2001, Tiangong-1 ne pourra pas rejoindre le "cimetière des satellites".

Qu'allons-nous nous prendre sur la tête?

Notre "chance" tient peut-être à ce que ce module expérimental Tiangong-1, lancé en 2011, est beaucoup plus petit que Mir (130 tonnes, 40 m de long et de large) ou que l'ISS (400 tonnes, 110 m de long sur 74 m de large). La station possède une masse de 8,5 tonnes et fait "seulement" une dizaine de mètres de long.

Est-ce à dire que nous ne risquons rien? Les versions divergent. Pékin minimise le risque: "Selon nos calculs et nos analyses, la plus grande partie du laboratoire spatial se consumera durant la chute", assure la directrice adjointe du bureau des vols spatiaux habités, citée par l'agence officielle Xinhua.

Mais d'autres concluent à un risque beaucoup plus tangible. Selon Jonathan McDowell, astrophysicien de Harvard cité par le journal britannique The Guardian, "des morceaux de cent kilos ou plus" pourront s'abattre sur le sol, tandis "qu'il est impossible de prédire où les débris de la station spatiale vont atterrir". En gros, tout dépendra, et de la trajectoire initiale d'arrivée, et des conditions atmosphériques du moment. Le parcours de la station Tiangong-1 est documenté en temps réel sur ce site.

En prenant en compte le fait que plus de 70% de la Terre est couverte d'océans et que nombre de régions sont pratiquement inhabitées, la Nasa avait calculé à propos du désorbitage de son satellite UARS (5,9 tonnes) en 2011, que les chances qu'un humain soit atteint par un débris étaient d'une sur 3.200. Pas sûr que cette dernière estimation, qui donne simplement une idée du risque encouru, rassure vraiment.

David Namias