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Nicolas Huchet, 31 ans: "J'ai fabriqué ma propre main bionique en open source"

Nicolas Huchet, 31 ans, a développé sa propre main bionique après un accident du travail.

Nicolas Huchet, 31 ans, a développé sa propre main bionique après un accident du travail. - BFMTV

Ce vendredi à 8h35 sur BFMTV et RMC, Jean-Jacques Bourdin recevait deux jeunes talents français de l’innovation. Nicolas Huchet, 31 ans, pour sa main bionique et Xavier Duportet, 27 ans, pour ses antibiotiques du futur.

La France regorge de jeunes inventeurs bourrés de talent, de jeunes ingénieurs et de chercheurs de très haut niveau. Chaque année, le MIT, prestigieuse université américaine, fait le tour du monde pour trouver les innovateurs de moins de 35 ans les plus prometteurs.

Et cette année, plusieurs startups françaises ont été distinguées. Ce vendredi, sur BFMTV et RMC, Jean-Jacques Bourdin recevait deux de ces jeunes pousses françaises: Nicolas Huchet, 31 ans, pour sa main bionique et Xavier Duportet, 27 ans, sacré "innovateur français de l’année" par le MIT pour ses antibiotiques du futur.

"J'ai fabriqué ma propre main bionique"

Nicolas Huchet a été amputé de sa main droite après un accident du travail lorsqu’il était ouvrier. "J’ai eu une prothèse électrique", a-t-il expliqué, mais "je voulais le nouveau modèle, qui coûtait 27.000 euros". Impossible pour lui de se l’offrir. "Et donc, j’ai découvert le monde de l’open source: des personnes qui mettent leurs inventions libres de droit".

C’est ainsi que Nicolas Huchet est parvenu à "adapter une main-robot en prothèse": "j'ai fabriqué ma propre main bionique" en open source, "imprimée en 3D, en une nuit".

Pour l’heure, si elle n’en est encore qu’au stade du prototype, cette main bionique ne coûte que "1.000 euros". Pour l’actionner, il suffit de contracter "les muscles des bras". "Un jour, on pourra créer une main bionique sensible avec un retour du toucher".

"Nos antibiotiques intelligents fonctionnent sur les souris"

Xavier Duportet, 27 ans, a lui été sacré "innovateur français de l’année" par le prestigieux MIT, aux Etats-Unis, pour ses antibiotiques "intelligents". "Contrairement aux antibiotiques classiques, qui sont des bombes nucléaires tuant toutes les bactéries, nous avons, avec mon associé David Bikard, développé des antibiotiques, que l’on appelle des 'éligobiotiques', qui permettent de sélectionner de façon extrêmement précise les bactéries que l’on veut tuer, tout en laissant le reste de la flore microbienne intacte."

Ces antibiotiques d’un nouveau genre pourraient permettre de résoudre le problème de santé publique majeur que constitue la résistance aux antibiotiques - qui pourrait faire 10 millions de morts en 2050. Pour l’heure, "nos antibiotiques intelligents fonctionnent sur les souris".

"Nous levons des fonds pour pouvoir développer, en France, une plateforme dédiée à ces 'éligobiotiques'". Autre piste pour le jeune chercheur: travailler au développement d’un "médicament contre la maladie de Crohn". Ce qui motive Xavier Duportet? "Je me lève chaque matin pour essayer de changer le monde".

C. P.