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Les sinistrés de Xynthia attendent des gestes concrets

Les associations de sinistrés de la tempête Xynthia en Charente-Maritime, désormais regroupées au sein d'un collectif qui a vu le jour jeudi soir, exhortent le gouvernement à passer de la parole aux actes, au lendemain de la visite de Jean-Louis Borloo da

Les associations de sinistrés de la tempête Xynthia en Charente-Maritime, désormais regroupées au sein d'un collectif qui a vu le jour jeudi soir, exhortent le gouvernement à passer de la parole aux actes, au lendemain de la visite de Jean-Louis Borloo da - -

par Claude Canellas BORDEAUX - Les associations de sinistrés de la tempête Xynthia en Charente-Maritime exhortent le gouvernement à passer de la...

Correction: bien lire qu'il s'agit d'associations du littoral charentais dans le 10e paragraphe.

par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - Les associations de sinistrés de la tempête Xynthia en Charente-Maritime exhortent le gouvernement à passer de la parole aux actes, au lendemain de la visite de Jean-Louis Borloo.

La délégation emmenée par le ministre de l'Ecologie jeudi en Vendée et en Charente-Maritime a permis de faire retomber un peu les tensions nées à l'annonce du tracé des "zones noires" où plus de 1.500 habitations sont vouées à la destruction.

Le gouvernement, qui préfère désormais parler de "zones de solidarité nationale", a insisté sur le traitement au cas par cas des dossiers des riverains et annoncé l'envoi de "délégués de la solidarité" dans les communes touchées à partir de lundi.

"L'expropriation pour des raisons de sécurité, ça ne se fait en France que sous le contrôle des juges, avec une expertise contradictoire", a souligné sur Europe 1 Jean-Louis Borloo, démentant toute marche arrière du gouvernement.

"Vous pouvez avoir une zone globalement à risque qui ouvre droit à cette solidarité mais dans cette zone, telle ou telle maison particulière peut ne pas être en danger (...). C'est ce que je suis allé préciser avec les maires", a-t-il ajouté.

Une dizaine d'associations de victimes de Charente-Maritime sont désormais regroupées au sein d'un collectif, qui a vu le jour jeudi soir, afin d'organiser toutes les actions nécessaires à la défense des sinistrés.

Ils attendent avant tout "des actes concrets et non des paroles", a prévenu Christian Brunet, président de l'Association des sinistrés de Port-des-Barques, au cours d'un entretien à Reuters.

"Nous ne manquerons pas de nous rappeler au bon souvenir du gouvernement si des décisions sensées ne font pas suite aux discours dans la semaine à venir", précise le premier communiqué du collectif, diffusé jeudi soir.

PAS DE RASSEMBLEMENT SAMEDI

Le collectif exige la redéfinition des "zones noires" en fonction d'expertises "sérieuses et contradictoires, et non sur la base de décisions arbitraires".

Pas question "de payer les carences et la précipitation de l'Etat", soulignent les membres du collectif, formé par huit associations du littoral charentais, touché par la tempête du 28 février, auxquelles s'est jointe une association de victimes en cours de formation.

Trois autres associations en cours de constitution devraient rejoindre le collectif des sinistrés de Xynthia.

Pour la présidente de Poitou-Charentes, Ségolène Royal, le gouvernement a opéré un simple "changement de vocabulaire" mais "le problème reste entier" sur le littoral atlantique.

"Il y a eu une parole d'apaisement, c'est déjà pas mal", a déclaré la dirigeante socialiste sur France Inter avant de réclamer la suspension du plan de zonage des régions sinistrées.

"Ce qu'on demande, c'est très simple, c'est de connaître les expertises qui ont permis ce zonage (...) et regarder ensemble les aberrations", a-t-elle insisté.

Le collectif de Charente-Maritime dément toute organisation d'un rassemblement samedi, après la diffusion d'informations faisant état d'un blocage du pont de l'Ile de Ré en préparation.

"Notre volonté est avant tout de défendre les sinistrés, pas de faire une opposition systématique à qui que ce soit, et d'obtenir du gouvernement qu'il rende ses droits à chaque citoyen concerné", a dit à Reuters Christian Brunet.

Michel Le Bozec, président de l'association Sauvegarde du village des Boucholeurs, a précisé que le gouvernement ferait connaître mercredi prochain de nouvelles décisions.

Le collectif se réunira dans la foulée pour envisager "toute forme d'action nécessaire", a-t-il ajouté.

Edité par Sophie Louet