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Les bébés mémorisent leur vocabulaire grâce au sommeil

Illustration bébé fille

Illustration bébé fille - Philippe Huguen

Une étude allemande, citée par Le Figaro, montre que la sieste est essentielle pour l'apprentissage des mots chez les bébés et en explique le processus.

L'apprentissage du langage à partir de zéro, auquel les bébés doivent se livrer, a quelque chose de fascinant. Et, comme l'a noté Le Figaro mardi, les chercheurs de l'institut Max-Planck de Leipzig, en Allemagne, ont contribué à percer le mystère dans une étude. Il apparaît que le sommeil joue les premiers rôles dans cette formation. 

Pour y voir plus clair et établir le moment où les plus petits font le lien entre un son, une image et un concept, les chercheurs ont soumis un panel de bébés à une expérience. Présentant une image et prononçant un mot, ils ont ensuite observé le signal cérébral généré chez le bébé au moyen d'un électroencéphalogramme. Or, ce signal diffère selon que le cerveau d'un être humain s'aperçoit qu'un mot et une image concordent ou au contraire ne correspondent pas. 

Un tournant à six mois 

Les scientifiques ont, chemin faisant, établi l'âge auquel l'enfant parvient à créer ses premières connexions sémantiques et à apprivoiser la langue. Durant l'expérience, les bébés de trois mois ne réussissaient pas à faire le lien entre un mot et une catégorie d'objet, en revanche les bébés de six mois pouvaient mémoriser, bien que de manière temporaire, le rapport entre un mot et une catégorie, pourvu qu'on les laisse faire une sieste après la phase d'apprentissage. 

Dans le cas où la sieste dépassait les 45 minutes, il semble que cette association soit opérée par les fuseaux de sommeil, c'est-à-dire un ensemble d'ondes animant nos assoupissements. Ces fuseaux de sommeil sont capitaux pour la mémoire, chez les enfants comme chez les adultes. "Des mois avant de pouvoir parler, dans des conditions expérimentales bien précises, les bébés de six mois apparaissent donc capables de créer des catégories sémantiques", explique le neuropsychologue Philippe Peigneux, de l'Université libre de Bruxelles, au Figaro

Seulement, dès que l'enfant est en possession d'assez de mots pour bâtir son vocabulaire, organiser ses raisonnements, et qu'il est capable de parler, l'importance du sommeil dans l'adoption de la langue et de ses ressorts recule.

Robin Verner