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Lemétayer : « La même règle sur les pesticides pour tous ! »

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Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, est revenu sur les revendications des agriculteurs, à la suite du Grenelle de l’Environnement.

Interviewé par Olivier Truchot mercredi 30 avril, le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) Jean-Michel Lemétayer, a évoqué les craintes et les revendications des agriculteurs en cette période post-Grenelle de l'Environnement, en pleine crise alimentaire mondiale et alors que Jean-Louis Borloo vient de présenter le texte de loi du Grenelle.

Interrogé sur la grande distribution, il a déclaré : « On est en train de se battre et on est en cours de signature d'une pétition avec les industriels, ce qui est rare, c'est une première, car ce qui est proposé dans la loi, c'est de laisser, comme l'ont souhaité Mr Leclerc et consorts, la liberté de négociation. Ça, pourquoi pas. Mais ce que nous voulons, lorsqu'on arrive à un tarif de 85 en partant d'un tarif de 100, c'est que les concessions faites et les contreparties rendues par la distribution soient lisibles et contrôlables. Or, la distribution refuse. Je veux que le maître mot soit la transparence, et je n'entends jamais ce mot dans leur bouche. J'ai demandé au gouvernement de mettre en place un observatoire des prix, mais aussi des marges. Je veux que le consommateur sache pourquoi il paye tel prix. »

D'autre part, il a abordé le sujet des pesticides : « J'ai donné un accord sur la réduction des produits phytosanitaires et sur la suppression des molécules dites les plus dangereuses. Mais mon engagement ne vaut que si nous avons des solutions alternatives. Si on supprime des molécules et des produits phytosanitaires, il faut les supprimer partout. J'ai prévenu le gouvernement et les distributeurs que si on doit retrouver dans les rayons des supermarchés des produits importés utilisant des molécules interdites chez nous, on fera le ménage nous-mêmes ».

Enfin, et pour la première fois, il a accusé le libéralisme d'avoir trompé les pays pauvres : « Je ne l'ai jamais dit publiquement, mais avant d'être accusé j'ai envie de dire les choses : les pays les plus libéraux de la planète ont fait croire aux dirigeants politiques de pays en développement qu'avec une politique très libérale, ils auraient une alimentation peu chère. Cette alimentation peu chère s'est faite au détriment du développement de leur propre alimentation. Si on veut que les paysans produisent en Afrique, il faut leur donner les moyens de produire et accepter que les produits soient un peu plus chers. En les protégeant, comme nous avons été protégés en Europe. Si l'on avait pas été protégé, on n'en serait pas là ».

La rédaction-Les Grandes Gueules