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Le clonage de mammouth bientôt possible grâce au sang?

Français : Mammouth du Muséum National d'Histoire Naturelle à Paris, devant la Galerie d'anatomie comparée et Paléontologie.

Français : Mammouth du Muséum National d'Histoire Naturelle à Paris, devant la Galerie d'anatomie comparée et Paléontologie. - -

Des scientifiques russes ont découvert dans le sol arctique une carcasse de mammouth mort il y a 10.000 ou 15.000 ans. Originalité: la carcasse, très bien conservée, est pleine de sang. Ainsi s'ouvre la possibilité du clonage de mammouth.

Le sang est une mine d'informations. Des scientifiques russes en ont extrait sur une carcasse de mammouth extraite du sol gelé d'une île de l'Arctique et affirment ce mercredi que cette trouvaille augmente grandement les chances de parvenir à cloner l'animal préhistorique.

"On découvre (en Russie, ndlr) des mammouths pratiquement tous les ans désormais. Mais cette expédition a permis de trouver pour la première fois une femelle en très bon état de conservation", déclare Semen Grigoriev, le chef de l'expédition. Pour lui, la découverte de cette femelle morte il y a 10.000 à 15.000 ans à l'âge de 60 ans est une découverte exceptionnelle. D'autant plus qu'il y avait du sang.

L'Arctique, des conditions de conservation exceptionnelles

"Quand nous avons percé la glace sous son ventre, du sang a coulé, très foncé. C'est le cas le plus étonnant que j'aie vu dans ma vie", raconte le scientifique. "Comment le sang a-t-il pu rester liquide? Il n'a pas moins de 10.000 ans! Et les tissus musculaires étaient rouges, de la couleur de la viande fraîche."

Le scientifique russe attribue cette découverte aux conditions exceptionnelles dans lesquelles a été conservée durant des milliers d'années la femelle mammouth. Extraite, la carcasse a été transférée dans un lieu approprié pour sa conservation -généralement une cavité dans le permafrost- dans l'attente d'une nouvelle expédition internationale cet été.

Les scientifiques ont reconstitué la mort de l'animal. "Elle est tombée dans un trou d'eau ou dans un marécage, probablement jusqu'à mi-hauteur. Le bas du corps a gelé dans l'eau", explique Semen Grigoriev. Selon lui, la partie supérieure de la carcasse avait été partiellement dévorée par des prédateurs à l'époque.

Un accord signé avec un spécialiste japonais du clonage

"Cette découverte nous donne des chances réelles de trouver des cellules vivantes qui peuvent permettre de réaliser le projet de clonage d'un mammouth". Pour ce projet, l'université de Iakoutsk a signé l'an dernier un accord avec le Sud-coréen Hwang Woo-Suk, un spécialiste controversé du clonage, et "père" en 2005 du premier chien cloné, baptisé Snuppy.

En cas de succès, le noyau de cellules de mammouth sera transféré dans des ovules énucléés d'éléphante dans le but de produire des embryons pourvus d'un ADN de mammouth. Ils seraient ensuite placés dans l'utérus d'une éléphante d'Asie. Peut-être pourrons-nous voir un jour un mammouth autrement qu'au musée d'histoire naturelle ou dans "L'Age de glace".

Marc Pédeau avec AFP