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La Terre a perdu la moitié de ses animaux sauvages en 40 ans, alerte WWF

Le gorille des montagnes fait partie des animaux les plus menacés. L'action de l'homme a entraîné la disparition, en 40 ans, de plus de la moitié des animaux sauvages de la planète, selon un rapport de WWF.

Le gorille des montagnes fait partie des animaux les plus menacés. L'action de l'homme a entraîné la disparition, en 40 ans, de plus de la moitié des animaux sauvages de la planète, selon un rapport de WWF. - Steve Terril - AFP

En cause: la perte et dégradation des habitats, la chasse et la surpêche, et le changement climatique, selon un rapport de l'ONG WWF. Les zones les plus touchées sont l'Amérique Latine (-83%), suivie de près par la région Asie-Pacifique. Et les espèces d'eau douce payent le prix fort.

Cette annonce se veut une prise de conscience: l'action de l'homme a entraîné la disparition, en 40 ans, de plus de la moitié des animaux sauvages de la planète, juge mardi l'ONG WWF dans son rapport "Planète vivante 2014". "Les différentes formes du vivant sont à la fois la matrice des écosystèmes permettant la vie sur terre, et le baromètre de ce que nous faisons vivre à notre planète", écrit le directeur général du Fonds mondial pour la nature (WWF International), Marco Lambertini. "Et en nous désintéressant de leur sort, nous courons à notre perte", alerte-t-il.

L'Amérique Latine, zone la plus touchée

Entre 1970 et 2010, l'Indice Planète Vivante - qui mesure l'évolution de 10.380 populations de 3.038 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons - a chuté de 52 %. Et "cette tendance lourde ne donne aucun signe de ralentissement", selon la 10e édition du rapport, pour qui il est encore possible d'agir pour renverser ce déclin et combiner développement et sauvegarde de l'environnement.

Les zones les plus touchées sont l'Amérique Latine (-83%), suivie de près par la région Asie-Pacifique, et ce sont les espèces d'eau douce qui ont payé le prix fort (-76%) quand les espèces terrestres et marines ont diminué de 39%.

La baisse annoncée de 52% est beaucoup plus marquée que dans les rapports précédents, en raison de changements dans le mode de calcul qui proposent une représentation plus fidèle de la répartition mondiale des espèces de vertébrés, précise l'ONG spécialisée dans la protection des espèces en danger. Dans son dernier rapport bisannuel, datant de 2012, le WWF faisait état d'une baisse de 28% des espèces sauvages entre 1970 et 2008. L'indice ne couvrait alors que 2.699 espèces.

Dégradation des habitats comme cause principale

Les causes de ce déclin: la perte et dégradation des habitats (en raison de l'agriculture, l'urbanisation, déforestation, l'irrigation, les barrages hydroélectriques...), la chasse et la surpêche (y compris les prises accidentelles comme pour les tortues marines), et le changement climatique.

Ainsi, de nombreux poissons et animaux de rivage ont disparu du Coorong, zone du sud de l'Australie où le prélèvement d'eau pour l'irrigation a augmenté la salinité. Ou encore, en Afrique, l'aire de répartition de l'éléphant ne représentait plus en 1984 qu'environ 7% de son aire historique. Et dans cette portion congrue, à cause du braconnage, le nombre d'éléphants s'est effondré de 60% entre 2002 et 2011.

L'humanité surexploite la Terre, consomme plus de ressources naturelles que la planète ne peut en reconstituer: plus de poissons qu'il n'en naît, plus de CO2 émis que les forêts et les océans peuvent en absorber...

Si nous vivions tous comme les Qataris...

Entre 1961 et 2010, la population est passée de 3,1 à près de 7 milliards d'habitants. "La population mondiale devant atteindre 9,6 milliards d'habitants en 2050 et 11 milliards en 2100, la biocapacité disponible (qui représente la productivité moyenne mondiale d'un hectare biologiquement productif) pour chacun de nous va continuer à régresser dans un monde marqué par la dégradation des sols, la pénurie d'eau douce et la montée du coût de l'énergie".

A qui la faute? Les pays les plus riches sont globalement ceux dont l'empreinte écologique par habitant est la plus élevée. En 2010, le Koweit arrivait en tête, suivi du Qatar, Emirats arabes unis, Danemark, Belgique, Trinidad et Tobago, Singapour, Etats-Unis, Barheïn et Suède.

La France arrivait en 23e position, et en avant-dernière position, figurait la Chine, qui détient néanmoins la première place pour son empreinte totale, devant les Etats-Unis et l'Inde. Si nous vivions tous comme les Qataris, il faudrait 4,8 planètes. 3,9 si nous étions tous Américains, et 1,4 si nous étions tous Sud-Africains.

S.A. avec AFP