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La sûreté nucléaire est satisfaisante en France selon l'ASN

La centrale nucléaire de Penly, en Seine-Maritime.

La centrale nucléaire de Penly, en Seine-Maritime. - -

Dans son rapport annuel publié mardi, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), estime que l'état de la sûreté nucléaire en France a été "assez satisfaisant" en 2012, même des incidents sont restés fréquents dans les installations.

Les centrales nucléaires françaises sont sûres. C'est en tout cas l'avis de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui relève dans son rapport annuel, publié mardi, que l'état de la sûreté nucléaire en France a été "assez satisfaisant" en 2012.

Assez satisfaisant mais pas totalement, puisque le rapport relève aussi des incidents "qui sont restés fréquents dans les installations". Pas de quoi rassurer les 42% de Français "inquiets" à propos des centrales nucléaires.

"Cet avis est le fruit d'un double constat: un constat plutôt négatif, c'est que les incidents restent fréquents sur les diverses installations (...) et des éléments plus positifs, des améliorations de sûreté qui sont concrètement mises en oeuvre par les exploitants", résume le président de l'Autorité de sûreté nucléaire, Pierre-Franck Chevet.

Le rapport présenté mardi au Parlement ne fait donc pas état d'une "évolution notable, ni dans un sens ni dans un autre" par rapport à 2011, "c'est un jugement nuancé, globalement satisfaisant", explique le président de l'ASN.

Mettre en place une nouvelle série de protection

Du côté des installations nucléaires de base - principalement les 58 réacteurs électro-nucléaires de l'Hexagone -, l'enjeu est de mettre en place un "noyau dur" de protection supplémentaires contre les agressions externes (inondations, séismes, etc.), rappelle le rapport. Le but: faire face à des accidents graves du même type que celui survenu à Fukushima en mars 2011.

"Le travail est encore en cours. Il y a des discussions avec les exploitants sur le niveau des agressions à prendre en compte" et l'ASN devrait prendre position dans les trois à quatre mois, a précisé le président de l'Autorité.

Quant à Areva, l'ASN demande à l'exploitant de "progresser très rapidement dans la reprise et le conditionnement des déchets radioactifs anciens" issus de sa première usine de traitement de La Hague (1966-1998), aujourd'hui à l'arrêt.

Vigilance sur le nucléaire médical et le BTP

Institution publique, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) n'est pas exempt de reproches, l'ASN critiquant notamment un recours excessif à la sous-traitance pour le démantèlement de ses vieilles installations. 

Dans le "nucléaire de proximité", l'ASN a aussi notamment renforcé ses inspections (une centaine réalisées l'an dernier) sur les chantiers de BTP où elle a constaté une recrudescence d'incidents liés à la radiographie industrielle (tuyaux métalliques, ouvrages en béton, etc.).

La vigilance reste aussi de mise dans le nucléaire médical. Si la situation s'est améliorée depuis l'affaire des irradiés d'Epinal (450 victimes dont 12 morts entre 2001 et 2006) dans les services de radiothérapie, les doses de radioactivité reçues lors d'examens d'imagerie médicale (radiographie, scanners) augmentent.

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V. G. avec AFP