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La menace zombie : et si c’était vrai ?

Le cadavre décharné et vorace de Romero entre de plus en plus dans la vie réelle.

Le cadavre décharné et vorace de Romero entre de plus en plus dans la vie réelle. - -

Alors que les zombies colonisent nos écrans, le spectre du 21 décembre arrive. Coïncidence ? Les morts-vivants ne relèvent peut-être pas exclusivement du fantasme.

Le 21 décembre approche à grands pas et l’on se demande encore si l’humanité va passer Noël. Comment l’apocalypse va-t-elle tomber sur nos têtes ? Astéroïde, raz-de marée géant, inversion des pôles ou pandémie mondiale ? Non, tant qu’à mourir, autant le faire avec style. Si l’homme doit disparaître, ce doit être dévoré par des hordes de morts-vivants.

Le cadavre décharné et vorace de Romero entre de plus en plus dans la vie réelle à mesure que le phénomène culturel se développe. Un homme attaque un sans-abri et commence à lui dévorer le visage sans raison apparente ?

Il fut un temps où on se serait contentés d’accuser la drogue. Aujourd’hui, on l’appelle zombie et on commence à recenser tous les cas comparables.

Durée de vie du zombie : 90 jours max

Des médias spécialisés (et parfois complètement fantaisistes) se sont montés pour agréger toutes les informations sur ce sujet critique, documentant l’invasion en temps réel.

On apprend notamment sur Zombie World News, saupoudré de faits plus ou moins scientifiques, que la durée de vie d’un zombie ne peut excéder 90 jours, la putréfaction et la rigueur cadavérique rendant ensuite le corps incapable de se mouvoir par lui-même.

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D’autres sites, plus collaboratifs, préparent à l’invasion, donnant les conseils nécessaires et relatant les faits inquiétants. Il existe une application mobile dédiée à la survie en cas de pandémie zombifiante : sur la carte, les zones de danger (en fonction de la densité de population), mais aussi les magasins d’armes, pharmacies ou épiceries nécessaires à la survie.

Un travail cartographique a été mené pour découvrir les régions des Etats-Unis où il vaudrait mieux se réfugier en cas d’attaque généralisée de morts dévoreurs de chair. L’étude est basée sur la densité de population, le nombre d’armes à feu disponibles et d’hôpitaux.

On y apprend que la Californie sera un havre et le Dakota du Nord un véritable enfer.

Un séminaire de protection contre les zombies payé par l'Etat

Le zombie entre aussi dans la parole politique. Lors d’un discours sur la supposée fin du monde, la Première ministre australienne, Julia Gillard, a, non sans humour, souhaité bonne chance à ses compatriotes : "A mes chers compatriotes australiens qui sont encore vivants, la fin du monde approche", comme "l'a prédit le calendrier maya. […] Que le coup final soit porté par des zombies dévoreurs de chair humaine, de bêtes démoniaques de l'enfer ou par le triomphe de la K-pop (la pop sud-coréenne, NDLR), vous devez être persuadés d'une chose à mon sujet : je me battrai pour vous jusqu'à la toute fin."

>> Voir le discours :

Aux Etats-Unis, un journaliste de l’Examiner, quotidien de Washington, a mis le doigt sur un étrange soutien gouvernemental. Le département de la Sécurité intérieure a apporté son financement pour former des citoyens à réagir à une attaque zombie, un séminaire de cinq jours avec acteurs et mises en scènes au menu, à 1.000 dollars l’entrée.

>> Voir la vidéo de l'entraînement :

Les insectes zombies

Mais bien sûr, tout cela n’est que fantasme, les amateurs de "zombie walks" sont bien vivants et en parfaite santé. Une chose telle que les morts-vivants n’existe quand même pas dans le monde réel ?

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Le journaliste du New York Times Carl Zimmer a, dans un article, rassemblés quelques cas connus et scientifiquement confirmés de zombies… du monde animal.

Car la nature a déjà fabriqué de telles créatures. Il existe par exemple au Costa Rica une variété d’araignées qui, une fois infectées par une larve de guêpe, meurent. La larve prend ensuite le contrôle du corps l’araignée morte, qui va gentiment lui confectionner un petit cocon douillet où passer les rigueurs de l’hiver. Des virus permettent également de prendre le contrôle d’insectes.

Mais que l’on se rassure, le journaliste prend soin de préciser qu’ils sont inoffensifs pour l’espèce humaine. Aucun virus ou parasite affectant les hommes de ce fléau n'a encore été découvert. Pour le moment.

Olivier Laffargue