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La France peut-elle se passer du gaz de schiste ?

Le clivage est grand sur la complexe question du gaz de schiste.

Le clivage est grand sur la complexe question du gaz de schiste. - -

En matière de gaz de schiste, "la France est bénie des dieux", assure Michel Rocard. Problème : la seule méthode d'extraction connue est celle de la fragmentation hydraulique, extrêmement polluante.

François Hollande a été clair lors de sa première grande conférence de presse du mandat : "Tant qu'il n'y a pas de nouvelles techniques, j'ai dit que durant mon quinquennat il n'y aurait pas d'autorisation de permis [d'exploration des gaz de schiste]". Alors, quels sont les avantages et inconvenants du gaz de schiste ? Explications en quatre points.

La fragmentation hydraulique, une méthode contestée

Pollution des sols et nappes phréatiques, forte consommation d'eau (de 15.000 à 20.000 m3 par puits, rejet de méthane, dégradation de l'environnement pour l'installation de l'usine de forage. Les conséquences écologiques de la fragmentation hydraulique semblent nombreuses.

Pourtant, c'est la seule méthode d'extraction du gaz de schiste connue actuellement. Une technique résumée ici en 1m40 :

Mais une manne énergétique

Toutefois, en matière de gaz de schiste, "la France est bénie des dieux. Pour l’Europe, elle serait au gaz de schiste ce que le Qatar est au pétrole. Peut-on s’en priver ? Je ne le crois pas", affirmait Michel Rocard au Monde dimanche. Comme l'ancien premier ministre, nombreux sont les défenseurs du gaz de schiste à l'affirmer : c'est une manne énergétique formidable.

La France est avec la Pologne le pays européen dont les sols sont les plus riches en gaz de schiste, selon l'US Energy Information Administration (USEIA ou AIE en français, l'Agence internationale de l'énergie). L'institut américain évalue les réserves françaises à 5,1 milliards de mètres cubes (180 milliards de pieds cubes).

Reste qu'Europe Ecologie - Les Verts (EELV) dénonce un lobby industriel pro-gaz de schiste : ces réserves ne pourraient, à elles seules, assurer l'indépendance énergétique de la France.

Une nouvelle source d'emploi

Le gaz de schiste est également une source non négligeable d'emplois. Une étude de l'America's natural gas alliance promet ainsi plusieurs millions de créations d'emplois à venir aux Etats-Unis.

Dans une interview au Monde, Fatih Birol, économiste en chef de l'AIE l'assure : "Je crois qu'il est possible d'exploiter proprement le gaz de schiste à condition de fixer un cadre réglementaire très strict aux industriels qui devront faire des investissements technologiques importants. Mais le jeu en vaut la chandelle car les ressources peuvent être très élevées."

De grosses attentes sur la recherche

Reste à trouver une méthode propre d'extraction du gaz de schiste. "La recherche est possible sur d'autres techniques que celle de la fracturation hydraulique", a déclaré mardi le président de la République lors de sa rencontre avec la presse. Et d'ajouter : "Pour l'instant, cette recherche n'a pas abouti, je ne peux pas l'interdire, elle n'est pas interdite pas la loi." Conséquence : contre l'avis d'EELV, François Hollande laisse "les chercheurs travailler".

Il est "criminel" de s'interdire les recherches sur ce gaz a également estimé François Fillon sur BFMTV mardi. Pour le candidat à la présidence de l'UMP, "cela dénote une tournure d'esprit moyenâgeuse. La France ne peut pas continuer à avoir peur de tout : peur de l'étranger, du nucléaire, des OGM..." Une volonté d'expérimentations également approuvé par Jean-François Copé. L'objectif commun : trouver une nouvelle technique d'extraction du gaz de schiste pour profiter des retombées économiques de cette ressource.

Marc Pédeau