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L'ONU adopte un plan pour défendre la Terre contre les astéroïdes

Ce sont les premières briques du "Groupe international d'urgence astéroïde" qui ont été ainsi posées.

Ce sont les premières briques du "Groupe international d'urgence astéroïde" qui ont été ainsi posées. - -

Dévier d'une bombe surpuissante un astéroïde qui menace la Terre: nous ne sommes plus dans le film "Armageddon" mais dans la vraie vie. C'est l'objectif d'un plan de défense adopté par les Nations Unies.

La pluie de météores survenue à Chelyabinsk, en Russie, en février dernier, a mis une nouvelle fois en évidence notre vulnérabilité face aux objets stellaires qui pourraient entrer en collision avec notre planète. A tel point que l'ONU a adopté la semaine dernière un ensemble de mesures visant à réduire ce risque en faisant décoller une fusée capable d'anéantir toute menace en la déviant.

Ce sont les premières briques du "Groupe international d'urgence astéroïde" qui ont été ainsi posées. Ce groupe sera mis en place pour faciliter l'échange d'informations entre les observateurs du ciel, et augmenter la rapidité d'une réaction si quelque chose menace la Terre.

C'est à l'initiative d'un physicien et ancien astronaute américain, Ed Lu, que l'Organisation des nations unies s'est interrogée sur la manière de mieux se protéger de ce péril. Si des astronomes détectent un objet menaçant, le Comité pour un usage pacifique de l'espace de l'ONU aidera à mettre en place une mission visant à lancer une fusée capable de le dévier de sa course, une solution déjà envisagée très sérieusement depuis longtemps.

Le ralentir d'un millimètre par seconde suffirait

C'est au nom de l'association des explorateurs de l'espace, qui réunit les astronautes de profession, que la demande a été formulée: "Aucun gouvernement dans le monde n'a aujourd'hui la responsabilité explicite de protéger la planète, ni aucune de leurs agences", explique au Scientificamerican Rusty Schweickart, qui a participé à la mission Apollo 9 en 1969.

Ce que demande l'association à l'ONU, c'est une coordination des ressources terrestres au cas où le scénario devait se réaliser.

Leur plan tient à la détection rapide de la menace. Les astronautes estiment que si une navette touche un astéroïde 5 à 10 ans avant la collision, une petite altération de sa trajectoire pourrait seule faire qu'elle épargne la terre. Un changement de la vitesse de l'astéroïde de l'ordre d'un millimètre par seconde seulement suffirait.

L'autre avantage d'une détection rapide est, évidemment, la possibilité d'évacuer la zone concernée... à condition que l'astéroïde soit assez petit pour ne pas pulvériser toute la planète.

"Sentinel", un télescope infrarouge

"Sentinel" devrait être prêt en 2017.
"Sentinel" devrait être prêt en 2017. © -

Pour cela, Ed Lu a mis sur pieds une fondation privée qui développe un télescope infrarouge, B612. Baptisé "Sentinel", il devrait être prêt en 2017 et ne servirait qu'à cet usage. Il serait en mesure de détecter une menace des années avant l'impact.

Les scientifiques estiment qu'il y a au moins un million d'astéroïdes connus qui pourraient un jour croiser la trajectoire de la Terre. Ed Lu affirme, quand à lui, qu'il y a cent fois plus d'astéroïdes dans l'espace que ceux dont on connaît l'existence. Si l'on se fie à leur vidéo, rien que dans le système solaire, l'espace est relativement encombré.

Le projet commence à se faire connaître. Ed Lu l'a présenté au salon Hi-Tech TedX en 2012, mais aussi lors d'une récente émission du célèbre magazine télévisé américain 60 Minutes, sur CBS. Il a aussi été présenté aux étudiants de la prestigieuse université de Stanford.

"Si nous sommes touchés à nouveau d'ici 20 ans, ce ne sera pas de la malchance, ce sera de la stupidité", a expliqué l'astronaute américain.

Olivier Laffargue