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L'examen du Grenelle II lancé à l'Assemblée dans un climat tendu

Lors d'une manifestation d'organisations écologistes contre le Grenelle II, un texte qu'ils jugent vidé de sa substance, à l'instar des industriels du secteur des énergies renouvelables. L'examen de ce projet de loi a débuté ce mardi à l'Assemblée et devr

Lors d'une manifestation d'organisations écologistes contre le Grenelle II, un texte qu'ils jugent vidé de sa substance, à l'instar des industriels du secteur des énergies renouvelables. L'examen de ce projet de loi a débuté ce mardi à l'Assemblée et devr - -

PARIS - L'heure n'est plus à l'union nationale sur l'environnement en France : l'opposition devrait voter contre le projet de loi Grenelle II,...

PARIS (Reuters) - L'heure n'est plus à l'union nationale sur l'environnement en France : l'opposition devrait voter contre le projet de loi Grenelle II, examiné depuis ce mardi, tandis qu'une partie de la droite cherche à l'amender.

L'examen devrait s'achever vendredi, les débats étant limités à 30 heures malgré les protestations de la gauche.

Les écologistes et industriels des énergies renouvelables, qui dénoncent un texte faisant le deuil de l'ambition écologique française, ont manifesté dans la journée pour marquer le début de l'examen à l'Assemblée nationale, formant une éolienne humaine au pied de la Tour Montparnasse avant de se rassembler devant le ministère de l'Ecologie et le Palais Bourbon.

Le projet de loi, qui traduit concrètement les 273 engagements du Grenelle de l'environnement - vaste concertation lancée par Nicolas Sarkozy il y a un an et demi - comptait 104 articles au départ mais plus de 250 après son passage devant la commission du développement durable de l'Assemblée. Avant la discussion parlementaire, 1.650 amendements avaient été déposés.

Le débat s'est ouvert sur fond de défiance alors que la loi Grenelle I, qui fixait les grandes orientations, avait été adoptée à la quasi-unanimité.

La gauche a voté contre le Grenelle II au Sénat et s'apprête à faire de même à l'Assemblée.

ÉCOLO-SCEPTICISME

Depuis l'échec du sommet de Copenhague sur le climat, en décembre, le gouvernement français a coup sur coup retiré son projet de taxe carbone et annoncé le report de l'écotaxe sur les poids lourds, pour une raison technique selon lui.

La petite phrase de Nicolas Sarkozy au Salon de l'Agriculture - l'environnement, "ça commence à bien faire" - a ajouté un peu plus de sel sur les plaies.

Pour le Parti socialiste et les Verts, le gouvernement escamote le débat de fond dans un climat d'écolo-scepticisme et les intérêts économiques ont primé dans l'élaboration du texte.

"On peut dire que (Nicolas) Sarkozy et l'écologie c'est fini", a dit Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste.

Plusieurs dispositions du texte ont été rabotées, encadrées ou remises à plus tard.

"Ce texte est le fruit de compromis initiaux, et c'est normal, et le fruit de nouveaux compromis. La grande crise (économique) est arrivée", a reconnu Bertrand Pancher, rapporteur UMP de la commission du développement durable.

"Il faut faire attention à ce que le verre trop plein ne soit pas un verre qui déborde", a-t-il dit en présentant le texte.

Jean-François Copé, chef de file des députés UMP, a défendu lors d'un point presse le bilan écologique de la majorité.

"Nous n'avons pas à rougir", a-t-il dit aux journalistes. "Certains dans l'opposition (tentent de réduire le débat) à la seule question de la taxe carbone: c'est une manière de tenter de faire oublier tout ce qui a été mis en place", a-t-il jugé.

"ON LE FLINGUERA"

A l'orée d'une discussion parlementaire qui s'annonce houleuse, le gouvernement a appelé les députés à faire preuve de responsabilité en acceptant un consensus sur le Grenelle II.

"J'appelle solennellement à ce que le débat qui s'ouvre soit serein et fécond", a dit le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo dans sa déclaration liminaire.

La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, a défendu le texte sur LCI mais ne s'est pas exprimée avant les débats. "On ne peut pas dire que c'est une coquille vide ou alors c'est vraiment une grosse coquille", a-t-elle dit.

Cependant, après avoir dit en mars que l'abandon de la taxe carbone la "désespérait", elle a une nouvelle fois fait entendre sa petite musique personnelle pour prendre la défense de l'éolien contre les projets de la droite.

"J'ai toujours été très réservée sur ces dispositions qui freinent l'éolien", a-t-elle expliqué.

Le député UMP Patrick Ollier, président de la commission des Affaires économiques, a annoncé avant les débats le dépôt d'un amendement levant une restriction à l'installation d'éoliennes, preuve que le texte pourrait ressortir plus ou moins vert de l'hémicycle.

Pour une partie de la majorité, peu importe le contenu final du Grenelle II, nombre de dispositions ne pourront être appliquées en raison de leur coût pour les collectivités locales.

"Ça ne passera pas, on le flinguera lors des décrets d'application", a dit Gilles Carrez, rapporteur général UMP de la commission des Finances. "Tout ça, c'est nul et non avenu."

Service France, édité par Yves Clarisse