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Inquiétude face à la sécheresse en France

Certains agriculteurs commencent même à envisager de recourir à l’impôt sécheresse...

Certains agriculteurs commencent même à envisager de recourir à l’impôt sécheresse... - -

Des restrictions d’eau dans 28 départements. Un chiffre qui pourrait bientôt augmenter, selon la ministre de l’Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet, qui parlait hier lundi, d’une France en crise. Du côté des agriculteurs, l’angoisse monte.

La France en crise. C’est ce qu’a annoncé hier lundi la ministre de l'Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet alors qu’elle s’exprimait sur la sécheresse, qui compromet les récoltes des céréales et menace les éleveurs, déjà mis en difficulté par la hausse des prix de l'alimentation du bétail.

Actuellement, vingt-huit départements sont concernés par des arrêtés préfectoraux limitant certains usages de l'eau. Un chiffre qui pourrait encore augmenter dans les jours à venir selon la ministre de l’Environnement. Autre indicateur au rouge : celui des nappes phréatiques. Près de 70% d’entre elles ont des niveaux inférieurs à la normale.

Résultat, il va falloir se serrer la ceinture en matière de consommation d’eau et changer nos habitudes. Premiers visés : les agriculteurs, pour lesquels Nathalie Kosciusko-Morizet explique : « On va mettre en place un système de gestion collective, avec un volume d’eau prélevable pour cette année, qu’ils devront se répartir entre eux ; tout en les réorientant vers des modes de cultures moins consommateurs d’eau ».

« Il suffirait de stocker 2% d’eau de pluie en plus »

Des nouvelles dures pour le monde agricole. Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), regrette qu’on n’ait pas pris certaines mesures cet hiver pour éviter la pénurie d’eau : « Dans un certain nombre de régions il est tombé de l’eau cet hiver, notamment dans le sud de la France, mais il y a un blocage dans notre pays lorsqu’on parle de stocker l’eau pour arroser nos champs l’été. Aujourd’hui, on n’utilise que 3% de l’eau de pluies ; si on peut stocker 1 à 2% de plus, on a de quoi arroser toutes les cultures. Est-ce qu’il vaut mieux bouleverser l’écosystème ou tuer les troupeaux ? S’il y a moins de production alimentaire, le prix du blé va exploser, ceux de la baguette et du riz aussi. »

Doit-on recourir à l'impôt sécheresse cette année ?

En effet, dans ces conditions, difficile de trouver de quoi nourrir le bétail. Impossible aussi d’irriguer correctement les cultures. Pour bon nombre d’agriculteurs, l’angoisse pointe. Certains d'entre eux commencent même à envisager de recourir à l’impôt sécheresse (hypothèse écartée pour le moment par NKM). Un impôt payé par les contribuables en 1976 pour aider les agriculteurs victimes des effets de la sécheresse, et qui n’a plus jamais été utilisé depuis.

« Il faut absolument repenser notre modèle productif »

Mais pour d’autres, cette mesure « n’est pas forcément la solution », comme l’explique Benoit Hartmann, porte-parole de l’association France Nature Environnement, pour qui l’urgence, c’est de repenser l’agriculture : « Là, on est sur une gestion de crise ; on a besoin de l’adaptation structurelle de l’agriculture ; et c’est pas un impôt sécheresse ponctuel qui va résoudre le problème. Il faut absolument repenser notre modèle productif, pour l’adapter au climat de plus en plus sec, avec une pluviométrie beaucoup moins marquée en été et au printemps ».

La Rédaction, avec Jamila Zeghoudi