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Être "nez" stimule sa matière grise

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Les parfumeurs ont un cerveau différent : ils stimulent davantage les régions cérébrales liées à l'olfaction que les autres. C'est le résultat d'une expérience à laquelle s'est prêté, entre autres, le "nez" d'Hermès.

Etre un "nez" n’est pas inné : c’est un véritable entraînement cérébral. Des chercheurs du CNRS et de l’Inserm ont montré que les régions du cerveau associées à l'olfaction sont plus développées chez les parfumeurs professionnels que chez le commun des mortels. Mais que ce capital de matière grise a été acquis avec le temps.

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont fait passer un IRM à 14 experts parfumeurs (dont le "nez" d’Hermès, Jean-Claude Ellena), 13 étudiants de l’Institut supérieur international de la Parfumerie, de la cosmétique et de l’aromatique de Versailles, et 21 sujets dits "naïfs", c'est-à-dire n'ayant aucune formation olfactive particulière. , s’est prêté au jeu.

Un cerveau très plastique

Résultat : le volume de matière grise des aires cérébrales associées à l'olfaction est plus important chez les parfumeurs que chez les sujets "naïfs". Mais il s’accroît aussi avec l’âge chez les "nez", tandis qu’il chute chez les naïfs.

But de l’expérience, dont les résultats ont été publiés vendredi dans la revue spécialisée NeuroImage : démontrer la plasticité du cerveau humain, qui comme le montre cet exemple peut se bonifier avec l’âge, s’il est continuellement stimulé.