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Espace: une animation d'une minute montre la pollution des débris autour de la Terre

Depuis Spoutnik en 1957, l'espèce humaine a fait de son environnement spatial immédiat un vaste dépotoir de débris issus de la conquête spatiale et des expérimentations scientifiques.

Depuis Spoutnik en 1957, l'espèce humaine a fait de son environnement spatial immédiat un vaste dépotoir de débris issus de la conquête spatiale et des expérimentations scientifiques. - YouTube

L'espèce humaine pollue la Terre, mais aussi l'espace immédiat environnant notre planète. La Royal Society of London a mis au point une animation qui retrace les étapes de cette dégradation depuis Spoutnik 1 en 1957.

Une multitude de points gravitant autour de la Terre. Une saisissante animation en 3D montre comment l'homme a pollué l'espace autour de sa planète. Elaborée à partir de données réelles, la séquence d'une minute tout rond a été créée pour la Royal Society par l'astronome Stuart Grey, de l'University College de Londres.

Année après année, elle donne à voir comment le ciel et l'environnement spatial immédiat se sont peuplés de débris. Tout a commencé en 1957, avec le lancement de Spoutnik 1. Pour l'anecdote, le satellite était couvert de réflecteurs pour apporter au monde la preuve de l'avance technologique de l'URSS. L'année d'après, les Etats-Unis lançaient Explorer 1, qui allait laisser sur place plusieurs matériels abandonnés après des expériences scientifiques.

Des dizaines de milliers de débris en orbite

Après? C'est l'emballement. Un anneau de débris en orbite autour du globe apparaît en quelques années seulement. En 1980, il y avait déjà 5.000 objets divers en orbite, contre seulement 200 du temps du cosmonaute Youri Gagarine, le premier homme dans l'espace.

La conséquence est qu'à chaque lancement, les scientifiques doivent bien faire attention à viser entre ces déchets. Et tous ne font pas la taille d'une pomme: des pans entiers de fusées sont coincés plus où moins loin dans le champ de gravité terrestre, a priori pour des siècles et des siècles.

Après une stabilisation du nombre de débris jusqu'en 2007, la Chine avait contribué au chaos, ajoutant 2.000 morceaux de métal issus de missiles balistiques. A l'heure actuelle, quelque 20.000 débris sont bloqués là-haut. Leur vitesse de déplacement de plusieurs dizaines de milliers de km/h les rend extrêmement dangereux.

SpaceX, avenir des lanceurs réutilisables?

Pour limiter la pollution due aux débris spatiaux, une solution pourrait être d'employer des lanceurs réutilisables. La société SpaceX du milliardaire américain Elon Musk a réussi lundi pour la première fois à faire décoller une fusée Falcon 9 et à récupérer ensuite le premier étage de son lanceur, revenu atterrir en douceur sur Terre après 11 minutes de vol.

Pour Jean-Yves Le Gall, président du Centre national d'études spatiales (Cnes) interrogé par l'AFP, SpaceX a bien accompli un "exploit technologique". Pour autant, tout n'est pas résolu. Il rappelle que les lanceurs réutilisables ne sont pas nouveaux. Citant l'exemple de la navette spatiale américaine, il souligne que lorsqu'elle devait être remise en vol, les coûts étaient très importants". Les ambitions du fondateur de Tesla se briseront-elles sur l'argument économique? Le directeur du Cnes croit ce scénario plausible. Tout dépendra du nombre de réutilisations possibles et d'écart de temps entre deux lancements. "Entre un monde parfait où on réutilise en l'état un lanceur un très grand nombre de fois, et un monde réel où il faut remettre les choses d'aplomb, et finalement ça ne fonctionne qu'une ou deux fois, l'écart est très très grand", souligne-t-il.

Le PDG d'Arianespace, Stéphane Israël, se pose les mêmes questions et s'en est ouvert à BFM Business, mercredi. En réponse à SpaceX, il planifie de réduire les coûts du lanceur européen par six d'ici à 2020.