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Eoliennes: un amendement du Sénat pourrait signer la mort de la filière

Offshore ou sur terre, l'énergie éolienne pourrait fournir jusqu'à 25% des besoins électriques de l'Union européenne à l'horizon 2030.

Offshore ou sur terre, l'énergie éolienne pourrait fournir jusqu'à 25% des besoins électriques de l'Union européenne à l'horizon 2030. - Olivier Titard - Flickr - CC

Pas d'éoliennes à moins de 10 km d'un monument historique sans l'avis conforme des Bâtiments de France, tel est le sens de cette modification du texte qui doit revenir devant l'Assemblée.

Préservation des paysages contre promotion de l'énergie renouvelable, la querelle connaît un nouveau développement. A l'initiative du sénateur RDSE du Jura Gilbert Barbier, un amendement prévoit d'interdire l'installation d'une éolienne à moins de 10 km d'un monument historique sans l'avis conforme et systématique d'un architecte des Bâtiments de France (ABF).

"Je n'ai pas envie que l'on sacrifie les paysages dans les départements ruraux", justifie Gilbert Barbier mardi auprès du Parisien.

Jusqu'à maintenant, cet avis des ABF n'était que purement consultatif. Si les députés ne modifient pas le texte, l'amendement pourrait être adopté en deuxième lecture à l'Assemblée.

Vers la fin de la filière?

Opposée à cette mesure, la sénatrice écologiste Christine Blandin expose au Parisien, chiffres à l'appui, que cet amendement pourrait signer l'arrêt de mort de la filière. Selon l'élue, "le périmètre protégé dans lequel elles (les éoliennes) seraient interdites", sachant que "la France compte environ 45.000 monuments historiques", "couvrirait une surface de 14 millions de km², soit 21 fois plus que la superficie de la France". A cette nuance près que tous les monuments ne sont pas répartis à intervalles de 10 km sur le territoire.

Nuisance visuelles et sonores, perturbations dans la réception des ondes radioélectriques, dépréciation des biens immobiliers situés à proximité, l'éolien fait face à de nombreuses critiques. En même temps, la France accuse un retard important en matière d'énergies renouvelables qui ne représentent que 20% de la production nationale d'électricité.

En juin 2015, le parc éolien français avait assuré seulement 3,7% de la consommation. Respecter l'engagement pris en 2009, dans le cadre du Grenelle de l'environnement, soit 19.000 MW d'ici 2020, paraît pour l'instant hors de portée.

D. N.