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Deux astronomes assurent avoir reçu 234 signaux de civilisations extraterrestres

Le télescope de la Fondation Sloan, au Nouveau-Mexique, possède un miroir de 2,5 mètres de diamètre.

Le télescope de la Fondation Sloan, au Nouveau-Mexique, possède un miroir de 2,5 mètres de diamètre. - Sloan Digital Sky Survey

Les signaux venus de 234 étoiles pourraient être des formes de communications envoyées par d'autres civilisations dans l'univers. Ou pas.

L'assertion est osée. Mais deux astronomes sont persuadés d'avoir reçu non pas un un, mais 234 signaux venus de civilisations extraterrestres, rapporte Newscientist.com. Certains de leur collègues pensent pour leur part qu'ils vont un peu vite en besogne.

L'histoire commence en 2012. Ermanno Borra, de l'université de Laval au Québec, formule l'hypothèse: les civilisations extraterrestres utilisent sans doute des lasers pour communiquer. Si une lointaine forme de vie pointait la Terre avec une telle lumière, elle nous apparaîtrait comme un stroboscope dont la lumière serait noyée dans celle de l'étoile proche de l'origine du signal. Cette lumière serait incroyablement brève et ténue, mais des calculs mathématiques pourraient aider à la débusquer.

"La somme d'énergie nécessaire pour émettre un tel signal n'est pas folle", explique Emarnno Borra. Selon le scientifique le laser Helios du Lawrence Livermore National Laboratory est à même de générer un tel flux lumineux. 

Eric Trottier, un étudiant de Borra a cherché à confirmer la thèse. Il s'est servi des enregistrements du programme Sloan Digital Sky Survey pour analyser le spectre lumineux de 2,5 milliards d'étoiles. Et trouvé 234 signaux correspondant aux prévisions.

D'autres explications sont possibles

La théorie de Borra, dit-il, est confortée par le fait que ces 234 signaux proviennent pour la plupart d'étoiles dont la signature spectrale est comparable à notre Soleil. La période des pulsations est aussi remarquablement homogène: autour des 1,65 picoseconde.

Des collègues, notamment Andrew Siemion, directeur du célèbre programme de recherche d'une intelligence extraterrestre SETI à l'université de Berkeley, en Californie, ne font pas mystère de leur scepticisme vis-à-vis de ces "révélations".

"Il s'agit d'un sujet incroyablement profond. Ceci explique pourquoi tant de gens consacrent tant d'énergie à essayer de répondre à ces questions. Mais vous ne pouvez pas faire de déclaration définitive à propos de ces détections tant que vous n'avez pas épuisé toutes les autres causes possibles."

Justement, Borra et Trottier n'excluent pas toutes les autres possibilités. Ils l'ont expliqué sur Phys.org

"Même si c'est peu probable, il y a aussi la possibilité que les signaux soient dus à des compositions chimiques très particulières dans une petite fraction d'étoiles du halo galactique."

Dans tous les cas, les deux astronomes admettent qu'il reste du travail à faire pour percer tous les mystères de ces étranges signaux.

David Namias