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Restaurants, activités culturelles, sportives... Bientôt une extension du pass sanitaire?

Olivier Véran quitte l'Elysée le 7 juillet 2021

Olivier Véran quitte l'Elysée le 7 juillet 2021 - Ludovic MARIN © 2019 AFP

La question, qui n'est pas tranchée, fait partie des hypothèses de travail du gouvernement pour enrayer la montée du variant Delta.

Le variant Delta pourrait devenir majoritaire en France dès ce week-end, a indiqué Olivier Véran ce vendredi. Face au risque de nouvelle vague épidémique liée à sa prolifération, plusieurs pistes sont sur la table du gouvernement, parmi lesquelles une extension du domaine d'application du pass sanitaire.

Ce pass consiste actuellement en une preuve de vaccination, un test négatif de moins de 48 heures, ou un test positif attestant du rétablissement du Covid-19. Il est aujourd'hui requis pour les événements de plus de 1000 personnes et le sera à compter de ce vendredi soir pour accéder aux boîtes de nuit.

Son éventuelle extension à des "lieux de la vie courante", comme les restaurants, n'est plus taboue au sein du gouvernement, en raison de l'avancement de la campagne de vaccination.

"Aujourd'hui, la vaccination change la donne", a admis sur France Inter Olivier Véran. "Ce que nous disent les scientifiques, c'est que si nous avions une vague épidémique très forte, avec un impact sanitaire réel, le fait de fermer tous ces lieux pour tout le monde n'aurait pas plus d'impact sur l'épidémie que de les fermer pour les seules personnes non-vaccinées", a-t-il déclaré.

Débat sociétal

"On entre là dans un débat qui est différent des débats qu'on avait auparavant", a poursuivi Olivier Véran. "À la fois la volonté de ne pas ostraciser, de ne pas fracturer, de ne pas diviser, de ne pas opposer, et en même temps, il serait extrêmement compliqué d'expliquer à des Français vaccinés qui ne pourraient plus accéder à ces lieux-là et d'expliquer à des restaurateurs ou d'expliquer à des gens qui tiennent des lieux de culture qu'ils ne pourraient plus rouvrir si la situation l'exigeait, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui."

Le ministre de la Santé confirme qu'il s'agit-là d'une hypothèse de travail sérieuse.

"Ça fait partie du débat, j'ai eu l'occasion de me prononcer moi-même à titre personnel sur le pass sanitaire en disant je n'étais pas favorable au pass sanitaire pour les lieux de la vie courante en dehors des grands événements, mais la vaccination, elle change forcément le cadre de la réflexion", a-t-il admis.

Alain Fischer favorable à une extension du pass

Pour l'heure, le gouvernement en est au stade des consultations, et rien n'est tranché. Jeudi, dans les colonnes du Monde, le "monsieur vaccin" de l'exécutif, Alain Fischer, a sauté le pas et s'est prononcé en faveur d'une extension du pass sanitaire.

"L’idée que l’on puisse utiliser son pass sanitaire non seulement pour aller au stade – et je ne parle pas seulement des images un peu folles de l'Euro de football -, mais aussi pour se rendre au cinéma, au théâtre, au restaurant ne me choquerait pas", a fait valoir le président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale.

"C'est une bonne mesure incitative, en particulier pour les plus jeunes", estime l'immunologue.

Le Conseil scientifique préconise un "pass vaccinal"

Dans un avis daté de mardi et rendu public ce vendredi, le Conseil scientifique va encore plus loin et proposer de transformer le pass sanitaire en "pass vaccinal", qui deviendrait nécessaire "pour pouvoir accéder à certains 'espaces de libertés'", comme les restaurants ou les activités culturelles et sportives…).

"Ceci permettrait de limiter les restrictions sanitaires qui devront être envisagées pour limiter la 4e vague", estime le Conseil scientifique, chargé d'aiguiller l'exécutif dans sa gestion de la crise sanitaire.

Dans le scénario préconisé par les scientifiques, "les personnes non vaccinées pourraient accéder à ces espaces en présentant un test antigénique ou un test PCR réalisé 1 ou 2 fois par semaine". Mais ces tests "de confort", rappelle l'instance, pourraient devenir payants dans les mois à venir. Là encore pour encourager la vaccination.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV