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Variants en Moselle: le Pr Didier Pittet évoque prudemment l'hypothèse de "confinements localisés"

Une rue déserte de Metz (Moselle) le 5 janvier 2021 lors de l'instauration du couvre-feu à 18h.

Une rue déserte de Metz (Moselle) le 5 janvier 2021 lors de l'instauration du couvre-feu à 18h. - Jean-Christophe Verhaegen

Pour l'infectiologue suisse, l'aggravation de l'épidémie de Covid-19 en Moselle impose de s'interroger sur la nécessité de confiner certaines zones, mais pas de façon uniforme.

"On a des soucis en Moselle", s'inquiète Didier Pittet. Invité de RTL ce lundi matin, l'infectiologue et épidémiologiste suisse, président de la mission d'évaluation sur la gestion de crise du Covid-19, s'est interrogé sur la nécessité, au vu de la circulation accrue des variants du virus dans ce département du Grand Est, de prendre des mesures plus drastiques.

"Il va falloir certainement adapter les mesures, comprendre ce qu'il se passe, en fonction de ce qu'il s'est passé, avoir des mesures locales si c'est possible", a-t-il déclaré, laissant poindre son regret de ne pas avoir plus d'information sur l'ampleur de la situation en Moselle.

Besoins spécifiques

Selon le Pr Pittet, "il faudra peut-être faire des mesures de confinement, qui peuvent être de quartier, (...) de petites régions, (...) de ville". Certains élus, comme le maire de Metz François Grosdidier, le demandent avec insistance depuis quelques temps déjà, a fortiori depuis que les variants découverts en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud circulent fortement chez eux. L'infectiologue a toutefois ajouté immédiatement:

"On ne va pas faire ce confinement-là à Perpignan ou à Toulouse (...) pour la question de la Moselle."

En d'autres termes, à chaque zone et à chaque foyer de propagation ses spécificités et, in fine, ses besoins en matière de mesures de restriction, étant donné les lourdes conséquences d'un confinement. En visite à Metz vendredi, le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a exclu toute option de confinement localisé pour l'heure.

"Effectivement, il est possible qu'on doive avoir recours à des confinements localisés, en fonction de notre compréhension d'épidémiologie de terrain", a insisté Didier Pittet pour conclure.
Jules Pecnard Journaliste BFMTV