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Vaccin contre le Covid-19: où en est la recherche?

Un vaccin. (PHOTO D'ILLUSTRATION)

Un vaccin. (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Schneyder Mendoza / AFP

Entre les premiers essais cliniques sur les humains et la mise sur le marché, la création d'un vaccin dure plusieurs mois. BFMTV.com fait le point sur la situation actuelle.

Si le pire semble être passé pour l'Europe concernant le Covid-19, la pandémie est encore loin d'être terminée. Au Brésil, en Inde, aux Etats-Unis, le virus n'a jamais été aussi virulent qu'en ce moment. Certains pays - l'Ouzbékistan, l'Azerbaïdjan - ont même dû reconfiner leur population.

En Europe aussi, la crainte d'une seconde vague se fait de plus en plus ressentir. Les villes de Lisbonne (Portugal), Leicester (Royaume-Uni) et Lérida (Espagne) ont par exemple été en partie reconfinées. En France, le département de la Mayenne voit son nombre de cas s'envoler, et la situation en Guyane suscite toujours l'inquiétude. Comme le répètent sans cesse les experts, le seul espoir à long terme pour lutter contre le coronavirus est donc de trouver un vaccin.

Plus de 1000 vaccins en développement

Dans le monde entier, on cherche à fabriquer ce remède. Mais le processus dure plusieurs mois, affirme Étienne Decroly, chercheur au CNRS. Ainsi, alors que "plus de 1000 vaccins" sont en cours de développement selon lui, à peine plus d'une centaine ont atteint la phase préclinique, d'après l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

L'infographie ci-dessous montre l'état de la recherche au 6 juillet 2020.

L'objectif de la phase préclinique (en gris sur l'infographie), rappelle Étienne Decroly, est de "démontrer que la préparation est suffisamment robuste pour l'être humain, par exemple en menant des tests sur les animaux". Actuellement, 136 vaccins en sont au stade préclinique.

Phase 1, phase 2...

Une fois que c'est fait, on peut passer à la phase 1 (en jaune sur l'infographie), où le vaccin est testé sur un petit groupe de volontaires en bonne santé. "L'objectif est alors de s'assurer de la sécurité du vaccin", explique le chercheur du CNRS. "Il faut vérifier que si on leur injecte le vaccin, les gens ne tombent pas malades". Actuellement, 12 vaccins en sont à la phase 1.

Une fois cette étape validée, on peut passer à la phase 2 (en orange sur l'infographie). Les experts se basent alors sur un "plus grand nombre de volontaires, toujours en bonne santé". Le but est désormais de "voir l'efficacité thérapeutique du vaccin, sa capacité à produire des anticorps". La phase 2 permet également de s'interroger sur la posologie, la quantité de vaccin qu'il faudra administrer pour chaque patient:

"L’idée est d’injecter le vaccin à un groupe test, qu'on va comparer à un groupe contrôle qui lui, n'a pas de vaccin", explique le chercheur du CNRS. "On n'injecte pas le virus chez les humains, on observe la circulation du virus au sein de population".

Seulement trois vaccins en phase 3

Actuellement, 11 vaccins en sont à la phase 2. Parmi eux, 9 sont à cheval entre la phase 1 et 2. "Dans le cadre de la pandémie actuelle, on n'attend pas nécessairement le temps nécessaire pour réaliser chacune des phases. Le processus peut être accéléré, les étapes peuvent se chevaucher", précise Étienne Decroly.

Quand la phase 2 est validée, on passe à la troisième et dernière. Le nombre de personnes testées est alors nettement plus grand et surtout l'échantillon est beaucoup plus représentatif de l’ensemble de la société.

L'objectif est désormais de "démontrer l’efficacité du vaccin chez des patients susceptibles d’être contaminés". Il faut également confirmer la posologie et identifier les effets indésirables. "Il faut vérifier que les risques pris soient beaucoup plus faibles que le bénéfice. L’intérêt collectif prime sur l’intérêt individuel", rappelle le chercheur.

Seuls trois vaccins ont atteint la phase 3, dont un est encore partiellement en phase 2. Une fois la phase 3 terminée, le vaccin peut être approuvé, puis éventuellement mis sur le marché. Il appartient ensuite aux autorités nationales de valider ou non le traitement.

Louis Tanca Journaliste BFMTV