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Une molécule efficace contre le Covid? L'institut Pasteur de Lille espère aboutir d'ici "un semestre"

Le directeur scientifique de l'Institut Pasteur de Lille a fait le point sur les travaux menés autour d'une molécule dont les premières observations ont montré l'efficacité contre le corronavirus.

La semaine passée, l'Institut Pasteur de Lille annonçait être sur la piste d'un traitement contre le coronavirus grâce à une molécule déjà existance. Si celle-ci est bien connue des praticiens du monde entier, qui l'utilisent depuis des décennies, l'organisme de recherches en tait pour le moment le nom afin de ne pas favoriser l'émergence prématurée d'un marché parallèle proposant le produit sans respecter la marche à suivre.

Transformer l'essai

Invité de BFMTV ce lundi, Benoît Déprez, directeur scientifique de l'Institut Pasteur de Lille, a expliqué que cette molécule avait fait ses preuves "sur les tissus pulmonaires humains reconstitués et sur les cellules infectées par le coronavirus in vitro".

"Aujourd’hui, on a besoin de traduire ces résultats in vitro en résultats cliniques via un essai contrôlé et rigoureux pour obtenir une autorisation de mise sur le marché par l’ANSM (l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé en France, ndlr)", a-t-il poursuivi.

Un "très bon recul"

Le processus, s'il confirme les espoirs placés en lui, pourrait ensuite accoucher rapidement. "On parle de quelques mois, peut-être un semestre", a estimé Benoît Déprez. Celui-ci a refusé d'en dire davantage sur la nature de cet antiviral mais a toutefois noté qu'il s'agissait là d'un "médicament utilisé en clinique depuis plusieurs décennies". "On a un très bon recul sur ces effets secondaires qui sont très faibles", s'est-il réjoui.

Son optimisme trouve encore d'autres racines. Ainsi, il a assuré qu'avant même une éventuelle large mise sur le marché de la molécule, cette dernière pourrait étendre ses vertus aux patients actuels: "Avec la reprise de l’épidémie, les patients pourront être inclus dans l’étude relativement facilement." La quasi absence d'effets secondaires ou d'incompatibilité avec d'autres médicaments permettrait de surcroît une prescriptaion dès le dépistage.

"Si vous étiez positif, vous pourriez prendre le médicament pour réduire la charge virale immédiatement et éviter d’être contagieux pendant plusieurs jours. C’est donc à la fois traiter le patient, éviter qu’il ne bascule dans la maladie grave et traiter l’épidémie", a souligné Benoît Déprez.
Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV