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Une carence en vitamine D, facteur de risque de cancer de la vessie?

Pour un bon apport en vitamine D il faut consommer au moins deux fois par semaine du poisson en privilégiant les poissons gras.

Pour un bon apport en vitamine D il faut consommer au moins deux fois par semaine du poisson en privilégiant les poissons gras. - iStock - Igor Stepovik

Des chercheurs britanniques ont constaté qu'une déficience en vitamine D pouvait impacter le système immunitaire et accroître le risque de développer un cancer de la vessie. Leurs travaux, issus de sept études, ne sont pas les premiers sur le sujet.

La vitamine D joue un rôle essentiel dans l'organisme puisqu'elle facilite l'absorption du calcium à travers la muqueuse intestinale et la fixation du calcium sur l'os. L'alimentation n'apporte que des quantités faibles de vitamine D: on en trouve principalement dans les poissons gras (thon, maquereau, hareng, sardine, saumon...) et les produits laitiers non écrémés.

En complément, la vitamine D est synthétisée dans la peau exposée au soleil, et est mise en réserve au niveau du foie. C'est pour cette raison que ces réserves sont à leur niveau le plus bas à la fin du printemps.

L'Inpes* précise notamment qu'une "déficience en vitamine D peut s’observer chez les sujets peu exposés au soleil comme les enfants en bas âge, les personnes âgées vivant en institution, les personnes confinées dans leur domicile, celles vivant dans les régions de faible ensoleillement ou celles à peau mate".

Il est recommandé de consommer au moins deux fois par semaine du poisson gras et de profiter sans excès des bienfaits des rayons solaires mais malgré ces recommandations, il n'est pas rare de présenter un taux de vitamine D inférieur aux normes et qu'une supplémentation hivernale soit conseillée sous contrôle médical.

Une carence en vitamine D module la réponse immunitaire

Car il est prouvé qu’une déficience en vitamine D peut avoir un effet négatif important sur la densité minérale osseuse, ce qui augmente notamment le risque l'ostéoporose et des fractures chez les personnes âgées. Mais des chercheurs de la Warwick University évoquent un autre risque, encore peu étudié: celui d'un cancer de la vessie.

Leurs travaux précisent qu'ils ont passé en revue sept études sur le sujet, qui variaient entre 112 à 1125 participants chacune. Cinq études sur sept ont bien lié de faibles niveaux de vitamine D à un risque accru de cancer de la vessie, mais sans pour autant chiffrer le seuil de risque. Lors d'une expérience menée par leurs propres soins, les chercheurs ont ensuite les cellules qui tapissent la vessie, connues sous le nom de cellules épithéliales de transition.

Ils ont constaté que ces cellules sont capables d'activer et de répondre à la vitamine D, qui à son tour stimule une réponse immunitaire. Même si cette association doit être prouvée par d'autres études cliniques, elle est importante car le système immunitaire joue un rôle essentiel dans la prévention du cancer en identifiant les cellules anormales avant qu'elles se développent et deviennent cancéreuses.

Des effets bénéfiques ou délétères à étudier de plus près

"De faibles niveaux de vitamine D dans le sang peut empêcher les cellules de la vessie de stimuler une réponse adéquate aux cellules anormales, précise le Dr Rosemary Bland, principal auteur de l'étude. Comme la vitamine D est bon marché et sûre, son utilisation potentielle dans la prévention du cancer est passionnante et pourrait avoir un impact sur la vie de nombreuses personnes."

Ce n'est pas la première fois que le lien entre un faible taux sérique en vitamine D et le cancer est évoqué, mais aucune étude n'a pu le prouver malgré des soupçons sur le cancer colorectal et du sein. A ce sujet, l'institut national du cancer confirme que la vitamine D "est également impliquée dans la production hormonale, la modulation de la réponse immunitaire et le contrôle de la prolifération cellulaire." 

De fait, ces propriétés pourraient "permettre d’envisager un rôle potentiel dans les processus de cancérogenèse". Mais au vu des données disponibles, elle recommande de poursuivre les investigations pour déterminer plus précisément son rôle éventuel en tant que facteur protecteur mais aussi de risque. En effet, des études doivent aussi être menées pour étudier l’effet de fortes doses sur l'organisme.

*Institut national de prévention et d'éducation pour la santé

Alexandra Bresson