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Une 4e vague cet été? L'Inserm publie plusieurs scénarios épidémiques possibles

La plage de Biarritz.

La plage de Biarritz. - AFP

L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a publié, mardi, un nouveau rapport dans lequel il analyse quatre scénarios concernant la reprise épidémique en France, en lien avec la vaccination, pendant l'été.

La vaccination peut-elle sauver notre été? Dans un nouveau rapport paru mardi, la chercheuse Vittoria Colizza de l'Inserm a modélisé les différents scénarios épidémiques possibles pour la période estivale en France, en lien avec la progression ou non de la vaccination.

En s'appuyant sur la transmissibilité accrue du variant Delta et sur la manière dont l'épidémie a rebondi l'été dernier, les chercheurs de l'Inserm estiment qu'une résurgence rapide des contaminations, amenant à une hausse des hospitalisations, "est attendue pendant l'été".

Quatre scénarios de vaccination

Quatre situations vaccinales ont été analysées en lien avec ce constat. Le premier scénario est le plus pessimiste, mais également le moins réaliste, reconnaît l'Inserm, à savoir celui au cours duquel personne ne se ferait vacciner pendant l'été.

Le deuxième projette la tendance actuelle, le nombre de doses administrées chaque semaine poursuit la baisse entamée ces dernières semaines.

Le troisième est celui du statu quo, le nombre de doses administrées par semaine reste constant pour chaque classe d'âge tout au long de l'été.

Enfin, dans le dernier scénario - le plus optimiste - le nombre de doses administrées chaque semaine augmente dans toutes les classes d'âge pendant l'été.

Trois scénarios de taux de circulation

L'équipe de l'Inserm émet également plusieurs hypothèses de niveau de circulation du virus et de contagiosité. Ainsi, dans l'hypothèse où le taux de reproduction (Reff) serait de 1,3 et que le variant Delta serait, comme estimé, 60% plus contagieux que le variant Alpha, l'impact hospitalier serait très limité, quelle que soit la situation vaccinale: les admissions hospitalières hebdomadaires ne dépasseraient pas les 2000, même dans le scénario de vaccination le plus pessimiste.

En revanche, si le Reff se fixait à 1,5, les différences de niveau de vaccination déboucheraient sur des scénarios hospitaliers bien différents. Dans l'hypothèse d'une accélération de la campagne vaccinale ou d'un statu quo, la vague hospitalière pourrait être maîtrisée.

En revanche, un arrêt de la vaccination ou une poursuite de la baisse des primoinjections ferait exploser le nombre d'admissions hospitalières à l'automne - jusqu'à plus de 14.000 par semaine dans le scénario le plus pessimiste.

Le Sud et le Sud-Ouest touchés

La chercheuse Vittoria Colizza, invitée ce jeudi soir de BFMTV, a expliqué que les départements du sud et sud-ouest de la France seraient les plus touchés par la quatrième vague, selon les scénarios les moins optimistes de son étude.

"L'immunité, déjà, est assez faible dans ces départements. On a également une présence importante de foyers du variant Delta. Et, enfin, on a une augmentation de la population attendue pendant l'été", a-t-elle précisé.

Ces modélisations ont, cependant, été réalisées avant les annonces d'Emmanuel Macron, lors de son allocution de lundi soir. Les nouvelles mesures pourraient donc changer la donne et permettre à l'Hexagone de se retrouver dans le scénario le plus optimiste de l'Inserm.

Clément Boutin Journaliste BFMTV