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Un nouveau test anti-drogue au volant

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Le ministère de l'Intérieur lance un test salivaire pour dépister l'usage de stupéfiants chez les conducteurs. Comment ça marche ? Qui ça concerne ? Est-ce fiable et efficace ?

Pour lutter contre la drogue au volant, Michèle Alliot-Marie a mis en place les tests salivaires permettant le dépistage de stupéfiants chez les conducteurs. La ministre de l'Intérieur s'est rendue aujourd'hui lundi 11 août à Antibes dans les Alpes Maritimes pour assister à la mise en œuvre du dispositif.
Il s'agit d'un bâtonnet qu'on passe sur la langue et qui, 10 minutes plus tard, permet de savoir si la personne a consommé de la drogue. Si le résultat est positif, une prise de sang devra obligatoirement être effectuée pour confirmation. En cas d'accident mortel, le test urinaire, bien plus précis, reste obligatoire.
Près de 52 000 tests salivaires vont être distribués à la police et à la gendarmerie. Ils seront utilisés sur toutes les routes de France, au même titre que les éthylotests. Quelle que soit la nature de l'infraction au code de la route : excès de vitesse, défaut du port du casque... Des contrôles parfois ciblés seront menés, notamment aux abords des discothèques, mais aussi de manière aléatoire. L'an passé en France, 230 personnes sous l'emprise de drogues ont perdu la vie après un accident dont plus de 50% étaient âgées de moins de 25 ans.
Un conducteur contrôlé positif aux stupéfiants risque 2 ans de prison, 4500 euros d'amende et un retrait de 6 points sur son permis de conduire.

Des tests peu fiables

Patrick Mura, toxicologue au CHU de Poitiers et président de la commission "Drogues et conduites automobiles" à la Société Française de Toxicologie Analytique souligne que ces tests salivaires, qui devraient permettre de détecter les 4 familles de stupéfiants - la cocaïne, les amphétamines (ecstasy...), les opiacés (héroïne...) et le cannabis, « ne sont pas fiables à 100%, notamment pour le cannabis. Comme la plupart des tests salivaires sur le marché, ils ne sont pas assez sensibles pour le cannabis. » En effet, il faut que le conducteur ait fumé dans l'heure qui précède le test pour que cela se voit.

Une solution pour faire baisser la consommation ?

Loin de là, selon Anne Coppel, présidente d'honneur de l'association Française de réduction des risques liés à l'usage des drogues. En colère, elle dénonce l'attitude de la France en la matière : « On est toujours sur la même erreur en France : on pense que plus on va réprimer, plus on va baisser la consommation. Or, la France a le système le plus répressif et on a le plus grand nombre d'usagers de cannabis, donc il y a quelque chose qui ne colle pas ! la sanction est quand même très grave : 2 ans de prison, ce n'est pas rien. Ce sont des outils extrêmement violents, pour lutter contre le cannabis, alors qu'on sait que ce n'est pas ce qui va réduire la consommation. »

La rédaction, avec Antonin Amado