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Un nouveau gène responsable du diabète identifié

Une patiente vérifie son taux de sucre dans le sang. Le diabète touchait 463 millions de personnes dans le monde en 2019 et ne cesse d'augmenter. (PHOTO D'ILLUSTRATION)

Une patiente vérifie son taux de sucre dans le sang. Le diabète touchait 463 millions de personnes dans le monde en 2019 et ne cesse d'augmenter. (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Franck Fife / AFP

Des chercheurs lyonnais ont identifié le rôle du gène ONECUT1 dans le diabète monogénique (1 à 4% des cas de diabète). Une découverte qui pourrait aider à mieux gérer cette maladie.

ONECUT1: il s'agit du nom d'un des gènes responsables du diabète et il vient d'être découvert. Dans une étude publiée dans Nature Medecine le 18 octobre dernier, le service d'endocrinologie du Pr. Marc Nicolino des Hospices Civils de Lyon (HCL) et l'équipe INSERM de Cécile Julier ont identifié ce gène responsable du diabète.

Afin de débusquer ONECUT1, les chercheurs ont étudié une famille lyonnaise dont plusieurs membres sont touchés par le diabète au sein du service d’endocrinologie et de diabétologie pédiatriques et maladies héréditaires des HCL.

"Le service prend en charge toutes les pathologies endocriniennes et métaboliques de l’enfant et de l’adolescent et les maladies pédiatriques communes. (...) Il fait partie du Centre intégré de l’obésité", précisent les HCL dans un communiqué mardi.

ONECUT1 "s'associe à un risque élevé de diabète"

Les chercheurs ont notamment étudié un nouveau-né qui présentait une forme grave de la maladie, affectant le développement de son pancréas et de sa vésicule biliaire. Le patient est mort 60 jours seulement après l'accouchement mais des analyses génétiques ont permis aux médecins d'observer une "mutation bi-allélique".

En effet, chez cet enfant, le gène ONECUT1 était en "deux copies" au niveau de l'ADN. Ce dédoublement a provoqué une forme très sévère de la maladie. Car, même en "une seule copie", disposer du gène ONECUT1 "s'associe à un risque élevé de diabète spécifique à l'âge adulte".

Au-delà des diabètes monogéniques, comme celui dont souffrait ce très jeune patient et qui représentent de 1 à 4% des diabètes, l'observation de ce nouveau gène "permet de mieux comprendre les mécanismes physio-pathologiques de cette maladie".

Des millions de personnes diabétiques

La découverte de la responsabilité de ONECUT1 pourrait, à terme, aider à mieux comprendre, prévenir et guérir cette maladie qui touchait 463 millions de personnes dans le monde en 2019 dont 3,7 millions en France (2015).

"Plusieurs gènes sont partagés entre le diabète monogénique et le (diabète de type 2) multifactoriel, suggérant l'existence de mécanismes pathologiques partagés", écrivent les auteurs de l'étude.

Or le diabète de type 2 est majoritaire, il concerne 90% des personnes qui souffrent de cette maladie. Une problématique d'autant plus urgente que le diabète ne cesse d'augmenter dans le monde, notamment à cause de la propagation constante de l'obésité. 700 millions de personnes pourraient être touchées par le diabète en 2045, précise la Fédération internationale du diabète.

Diane Regny