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Trois questions sur l'immunothérapie, nouveau traitement anti-cancer

IRM à Lille, photr d'illlustration

IRM à Lille, photr d'illlustration - Philippe Huguen - AFP

L'immunothérapie est une nouvelle approche de traitement du cancer qui dope le système immunitaire pour détruire les cellules cancéreuses. Elle suscite un réel enthousiasme dans la communauté scientifique réunie ce week-end en congrès à Chicago.

Le congrès annuel de l'American society of clinical oncology (Asco) réunit ce vendredi à Chicago des milliers de chercheurs qui fondent de grands espoirs dans un nouveau traitement contre le cancer. Le spécialiste santé de BFMTV, Alain Ducardonnet, nous dit tout sur l'immunothérapie, cette nouvelle approche de traitement du cancer qui dope le système immunitaire pour détruire les cellules cancéreuses.

> En quoi l'immunothérapie est-elle une révolution par rapport aux thérapies ciblées déjà existantes ?

Il y a trois stratégies. La première consiste à prendre des médicaments qui vont fusiller les mauvaises cellules mais aussi les bonnes. Après on a mis en place la thérapie ciblée: on voit le génome de la tumeur, on agit vraiment juste sur la tumeur.
Et aujourd'hui on redécouvre la troisième, qui consiste à faire que le système immunitaire de la personne reconnaisse les cellules cancéreuses comme des étrangères et les attaque. C'est vraiment une stratégie physiologique. 

> Est-ce que ça concerne tous les cancers ou tous les malades aujourd'hui?

Comme dans toutes les nouvelles stratégies thérapeutiques, on commence par les cas les plus compliqués. On s'est d'abord attaqué aux cancers métastatiques, les plus difficiles et ceux malheureusement dont les pronostics sont les plus mauvais.

L'immunothérapie a été testée sur ces patients-là tout d'abord sur le mélanome, puis sur le cancer du poumon et maintenant elle est en train d'être étudiée pour les cancers ORL, la vessie, les ovaires. L'ensemble des cancers pourrait peut-être bénéficier de cette nouvelle stratégie.
> Deux traitements sont autorisés aux Etats-Unis depuis l'an passé, quid de la France?

On en est aux prémices. Depuis le 4 mars, c'est devenu un traitement officiel d'un certain type de cancer pulmonaire aux Etats-Unis. Mais attention, ça ne va pas tout révolutionner. Les cancérologues voudraient faire que le cancer qui a des métastases devienne une maladie chronique et qu'on puisse la contrôler, qu'elle n'évolue plus. Et qu'on puisse ainsi augmenter l'espérance de vie.

En France, depuis janvier une autorisation spéciale existe pour des cas et des protocoles particuliers. On peut penser que le congrès annuel de l'American society of clinical oncology (Asco) va accélérer les choses.