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"Toxiques, trompeurs voire illégaux": les cosmétiques à bannir selon UFC-Que Choisir

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L'association UFC-Que Choisir a enrichi sa base de données de cosmétiques contenant des substances indésirables comme des perturbateurs endocriniens ou des allergènes. Elle met ainsi en garde contre de nouveaux produits et leurs allégations trompeuses.

Ils présentent plusieurs perturbateurs endocriniens, mentent sur leurs propriétés "douceur" ou contiennent tout simplement des substances interdites: difficile de trouver des produits cosmétiques inoffensifs pour la santé, ce qui est d'autant plus préoccupant qu'on les utilise quotidiennement. L'association UFC-Que Choisir montre une nouvelle fois que ces produits sont encore très nombreux à contenir des molécules toxiques (allergènes, perturbateurs endocriniens, irritants) qu’il faut savoir identifier afin de les éviter.

Grâce à de nombreux signalements d'internautes et à ses propres enquêtes, plus de 1000 produits cosmétiques contenant des ingrédients indésirables figurent désormais dans sa base de données. Ainsi, parmi les plus choquants de ces produits nouvellement arrivés dans ces tableaux, trois groupes se distinguent: les cocktails détonants, les "faux doux" et les illégaux.

Dans le premier cas, il s'agit de produits qui renferment plusieurs perturbateurs endocriniens. Des substances susceptibles d’interférer avec le fonctionnement du système endocrinien, c’est-à-dire des cellules et organes impliqués dans la production des hormones. Un certain nombre d’affections sont aujourd’hui suspectées d'être liées à une exposition chronique: anomalies du développement de certains organes ou de la fertilité, abaissement de l’âge de la puberté, survenue des cancers du sein, de la prostate, etc.

De faux produits pour les peaux sensibles

Les produits en cause sont issus de marques aussi bien vendues en supermarchés (huile sèche sublimante du Petit Marseillais, déodorant Natur Protect de Sanex) qu'en pharmacies (lait Sculpt System d’Esthederm, crème de jour pour les cheveux à la grenade de Klorane). Or, il s'agit de cosmétiques couramment utilisés par les populations les plus vulnérables aux perturbateurs endocriniens comme les femmes enceintes, les adolescents, et les enfants.

L'Association Santé Environnement France (ASEF) précise ainsi que même si les doses sont souvent faibles, "les effets de ces polluants sont variables suivant le profil génétique, le type de produits, l’âge, le sexe, la fréquence ou la durée de l’exposition." Pour la deuxième catégorie de produits, il s'agit de se méfier des termes "peau sensible", "apaisant", "hypoallergénique" affichés sur leur emballage.

Car en réalité, ils sont loin d'être aussi sûrs si l'on regarde de plus près leur composition: la plupart contiennent un allergène, la methylisothiazolinone (MIT). "Nous l’avions déjà constaté, mais vos signalements ne font que le confirmer: ces ingrédients qui donnent des poussées d’urticaire aux dermatologues sont présents dans des produits rivalisant de douceur apparente", soulignent les experts. Méfiance donc, face à des produits comme un gel pour l'hygiène intime "hypoallergénique" (Intima) ou un savon "extra-doux" de By U.

Un allergène interdit pour des produits, pas pour d'autres

Sont également en cause certains shampooings comme le Kertyol de Ducray, qui "permet d’apaiser les rougeurs et les démangeaisons", un antipelliculaire "dermo-apaisant" de Dessange et une version pour "cuir chevelu sensible" de L’Occitane. "Pire, certains industriels ont cru bon d’introduire de la MIT dans des cosmétiques destinés aux enfants: gel douche Kids de Tahiti, shampooing Miss de Phytospecific, savon Dettol au pamplemousse, shampooing pour usage fréquent, dès 3 ans de Manava", ajoutent les experts.

C'est un ingrédient qu'il faut à tout prix traquer sur les étiquettes car si sa présence est légale pour les produits rincés, elle ne l'est plus pour les produits non rincés. Depuis juillet 2016, les industriels et distributeurs n'ont en effet plus le droit de le faire figurer parmi leur composition, et pourtant les experts ont trouvé un certain nombre de référence hors la loi. Ce sont les produits destinés aux cheveux crépus ou frisés, qu'ils soient vendus dans des magasins spécialisés, en pharmacies (Phyto Specific).

Les grandes surfaces présentent elles aussi des lots de produits non rincés qui contiennent de la MIT: gel coiffant fixation blindée Vivelle Dop, spray solaire pour enfants ainsi que lait et spray après-soleil de Lovea (2), bille pour les yeux L’Oréal Men, gel jambes légères Jouvence, soin jour Evoluderm, crème mains nutritive Byphasse, etc. Enfin, l'UFC-Que Choisir regrette que l'interdiction de la methylisothiazolinone ne soit pas étendue aux produits qui se rincent après un long temps de pose.

Certains, comme les masques à l’argile du Petit Olivier et l’antipoux et lentes d’Item "peuvent encore faire des dégâts en toute légalité.", conclut-elle. Pour se préserver de toutes ces substances indésirables, l'ASEF recommande de privilégier les cosmétiques portant un écolabel certifié, qui garantissent que les ingrédients qui les composent sont d’origine naturelle. Lire les étiquettes reste indispensable car même si certains produits affichent les mentions "sans parabène", "sans parfum" ou "sans aluminium", il n'est pas dit qu'ils ne contiennent pas d'autres polluants.

Alexandra Bresson