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"Supercondriaque": l'hypocondrie, une maladie bien réelle

Un Français sur dix serait concerné par l'hypocondrie, d'après une étude Ifop-Capital Image publiée mercredi

Un Français sur dix serait concerné par l'hypocondrie, d'après une étude Ifop-Capital Image publiée mercredi - -

TÉMOIGNAGES - Selon une étude publiée mercredi, plus d'un Français sur dix pense être atteint d'une maladie, alors qu'il n'en est rien. Si cette peur irraisonnée peut porter à rire, il s'agit d'une réelle maladie qui fait souffrir.

Alors que Supercondriaque, le film de Dany Boon qui met en scène un malade imaginaire, sort mercredi sur nos écrans, une étude Ifop-Capital Image révèle que plus d'un Français sur dix (13%) souffre d'hypocondrie. Si cette pathologie peut faire sourire, il s'agit bien d'une réelle maladie. Témoignages.

"On n'est jamais totalement rassuré"

Caroline, ex-hypocondriaque, se souvient de ce cercle vicieux: "On sent un symptôme quelconque et c’est l’angoisse. Une angoisse qui devient compliquée à gérer car on se dit que l’on a quelque chose de très grave. On va voir un médecin, et finalement on n’a rien", raconte-t-elle, "on ressort rassuré, mais au bout d’une heure ou deux, trois jours, une semaine, ça recommence. On n’est jamais totalement rassuré".

Si les consultations de médecins la rassurent momentanément, symptômes et angoisse ressurgissent toujours à un moment donné, immanquablement. Cette souffrance, invivable pour Caroline, l’est aussi pour ses proches. Elle décide alors de se soigner chez une psychologue, qui avant tout, la croit. En effet, l’hypocondriaque ressent effectivement ses sensations, accentuées par son anxiété.

"D’une sensation banale, anodine, il va en faire une sensation exagérée. Il va avoir de plus en plus mal. Et à partir de là, c’est l’inquiétude qui prend le dessus, bien sûr", décrit Michèle Declerck, psychologue et auteur de l'ouvrage Le malade malgré lui.

"En rire et dédramatiser"

Cette inquiétude conduit à la sur-fréquentation de médecins, mais aussi d’Internet. Des investigations qui ne font en fait qu’accentuer les angoisses. 

Cette spirale infernale, Christophe Ruaults, auteur de Confession d'hypocondriaque, la connaît par cœur: "Ecrire autour de cette névrose, ne pas me prendre au sérieux, en rire et dédramatiser. En somme, mettre de la distance entre mon hypocondrie et moi", résume-t-il.

Confession et auto-dérision ont effectivement rendu Christophe Ruaults plus serein. Il se dit aujourd’hui en rémission.

M.G. avec Caroline Boisson