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"Si le virus pouvait nous regarder (...) il se servirait une petite bière": Véran accuse l'opposition de faire durer les débats à l'Assemblée

Les contestations étaient vives à l'Assemblée nationale, ce mercredi, lors de l'ouverture des débats dans l'hémicycle sur le projet de loi qui doit étendre le pass sanitaire et impose la vaccination obligatoire aux soignants.

Le projet de loi sanitaire controversé du gouvernement, dont l'examen a débuté ce mercredi, a provoqué de vives contestations à l'Assemblée nationale. Olivier Véran, présent dans l'hémicycle, a accusé, avec ironie, l'opposition de faire durer les débats.

"Il y a un virus. Si le virus pouvait nous regarder, il serait assez content et se servirait une petite bière. Honnêtement nous avons besoin d'avoir des mesures de protection des Français et des établissements recevant du public. Je le redis et je le martèlerai toute la soirée et toute la nuit", a lancé le ministre de la Santé, avant d'ajouter, face aux protestations des députés: "Manifestement, on a le temps."

"Gouverner c'est choisir"

Répondant à une remarque d'Éric Ciotti, député pour la 1ère circonscription des Alpes-Maritimes, Olivier Véran a assuré que ses convictions étaient "intègres":

"Je n'aime pas le pass sanitaire. Je n'aime pas une société dans laquelle nous sommes contraints de demander un pass sanitaire. La question est de la décision et de la nécessité monsieur le député. Gouverner c'est choisir, et parfois faire des choix qui ne nous plaisent pas et c'est ça le courage en politique. Ce n'est pas de faire durer des débats en nous disant que c'est à cause de nous qu'il y aurait une obstruction parlementaire."

Le "courage" demandé aux Français

Le ministre de la Santé a ensuite eu un mot à l'égard des personnes qui ne souhaitent pas se faire vacciner.

"Celles et ceux qui hésitent à se faire vacciner, à qui on dit : 'Faites-vous vacciner c'est important pour vous et les autres', c'est le courage que nous demandons aux Français. C'est le courage que nous demandons à la représentation nationale de nous accompagner non pas dans nos convictions mais dans les choix nécessaires de protéger les Français", a-t-il ajouté.

"Entre deux solutions mauvaises, le confinement et le pass, je choisis le pass, regardons quel sera votre choix", a conclu Olivier Véran.

Une "mascarade"

Vivement contesté dans la rue par une frange de l'opinion, le projet de loi traduit les annonces du 12 juillet d'Emmanuel Macron, de l'obligation vaccinale pour les soignants au pass sanitaire (prouvant la vaccination complète, un test négatif récent ou l'immunisation) pour l'accès aux cafés, restaurants et trains à partir de début août.

Il doit être adopté pour la fin de la semaine. Un vrai sprint législatif qui irrite les oppositions parlementaires.

LR, LFI, PS et PC ont dénoncé les conditions du débat alors que plus de 1.100 amendements ont été déposés en séance. C'est une "mascarade", a critiqué Ugo Bernalicis (LFI).

"Nous entamons une course contre-la-montre", a justifié la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet.

Les députés ont adopté au petit matin le texte en commission après douze heures de débat et l'examen de quelque 600 amendements.

Clément Boutin avec AFP