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Saturation: au cœur d'une unité de réanimation de Martinique aux prises avec la 4e vague du virus

L'épuisement physique, la fatigue morale, les difficultés matérielles... Le tableau tracé par les urgentistes, réanimateurs, infirmiers et infirmières de la Martinique, particulièrement frappée par la quatrième vague du Covid-19, est dramatique. BFMTV diffuse ce dimanche le reportage que nous avons pu tourner la veille au cœur du quotidien d'une unité de réanimation de Fort-de-France.

Un taux d'incidence affolant de 1040,3 cas pour 100.000 habitants - d'après la statistique de Geodes, l'outil de Santé Publique France ce dimanche -, un pourcentage de schémas vaccinaux complets qui plafonnait vendredi à 16% de la population, un nouveau confinement lancé vendredi soir et pour trois semaines. La situation de la Martinique face à la quatrième vague du Covid-19 est critique.

Tandis que trois patients ont dû être transférés samedi depuis Fort-de-France vers Paris, elle trouve bien sûr un corollaire dans le monde hospitalier: des établissements saturés, aux unités de soins critiques débordés. Samedi, BFMTV a pu suivre le quotidien bousculé et harassant d'un service de réanimation du CHU de Fort-de-France pour un reportage que nous diffusons ce dimanche.

"On atteint la fatigue morale"

"Parfois, on n’a ni le temps de manger, ni de boire de l’eau, d’uriner". Sarah Sombé, infirmière, donne à voir la vie actuelle du personnel de soignants de l'établissement dans toute sa crudité.

"Donc, oui, la fatigue est bien présente, on ne va pas se le cacher. Mais là où ça atteint un autre stade c’est qu’on atteint la fatigue morale. C’est là où c’est plus dur à surmonter", pousuit-elle devant la caméra.

Il y a la surveillance des cas qui ne cessent d'affluer dans des services bondés, les soins, mais aussi les appels aux familles. C'est peu dire que les réanimateurs de Martinique sont aux abois. "On rentre chez nous les jambes lourdes, la tête pleine, et l’envie de pleurer. C’est parfois très dur de revenir travailler comme si de rien n’était, comme si ça fonctionnait alors qu’on voit bien qu’on enchaîne les décès", décrit Loséa Moreau, aide-soignante.

Des renforts de la réserves sanitaires attendus

Pour parer au plus pressé, on doit faire des choix. Difficiles. " C’est pas une décision facile de devoir prioriser les places." (en réanimation, NDLR), reconnaît Florian Negrello, médecin urgentiste. "C’est un patient jeune, qui n’a pas de maladie, il a été admis mais chaque place compte", note-t-il au sujet du dernier arrivant. Et l'urgence oblige à des procédés presque désespérés.

"On a un patient qu’on doit tourner sur le ventre, qui est en assistance respiratoire et dans les techniques permettant d’améliorer son état il y a celle qui consiste à le tourner sur le ventre pendant une douzaine d’heures", dépeint encore Hossein Medhaoui, chef du service réanimation du CHU de Martinique.

Le centre hospitalier attend tout de même une forme de soulagement très prochainement: des renforts de la réserve sanitaire doivent arriver et une aide de l’armée permettra d’ouvrir quelques nouveaux lits.

Angy Louatah et Julie Roser avec Robin Verner