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Régime méditerranéen et sport: la meilleure stratégie pour bien maigrir

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Des chercheurs affirment qu'un bon régime alimentaire ne doit pas seulement faire perdre du poids, mais aussi permettre de venir à bout de la graisse corporelle interne déposée à certains endroits critiques comme le foie. Dans cette optique, le régime méditerranéen semble être le plus efficace, une nouvelle preuve de son effet bénéfique sur la santé.

De par sa richesse en micronutriments, le régime méditerranéen intéresse de plus en plus de chercheurs qui souhaitent connaître tous ses effets bénéfiques sur la santé. Cette diète caractérisée par un apport important en végétaux variés mais limité en produits d'origine animale, associé à une consommation fréquente d'huile d'olive, est d'ailleurs connue pour ses vertus protectrices vis-à-vis du développement de certains cancers et maladies cardiovasculaires.

Cette fois, des scientifiques de plusieurs universités internationales mettent en avant dans une récente étude l'intérêt du régime méditerranéen pour perdre du poids de manière saine, en regardant de plus près la manière dont les graisses se "déposent" dans l'organisme. En utilisant une technique d'imagerie par résonance magnétique (IRM), les chercheurs ont en effet voulu savoir comment des stratégies de style de vie distinctes impactaient les dépôts de graisse corporelle (adipeuse).

La manière dont celle-ci se "fixe", notamment autour des organes, peut en effet révéler des troubles métaboliques, même si l'indice de masse corporelle (IMC) n'est pas élevé. Pour cartographier ces "dépôts", ils ont recueilli une quantité sans précédent de données IRM à partir du corps de 278 personnes en forme ou obèses. Des analyses par IRM ont été menées six mois après l'adoption d'un régime alimentaire spécifique, puis 18 mois plus tard, avec en tout 300 points de référence.

Moins de graisses au niveau des abdominaux et du foie

Les participants devaient suivre un régime alimentaire faible en gras ou un régime de type méditerranéen, avec 28 grammes de noix par jour, avec ou sans entraînement physique modéré trois fois par semaine, grâce à un abonnement dans un club. "Peser des patients ou utiliser des tests sanguins n'a pas, jusqu'à présent, donné des images précises de la manière dont les différents dépôts graisseux sont impactés par l'alimentation ou l'exercice physique", explique le professeur Iris Shai.

"Les résultats suggèrent que l'exercice modéré combiné à un régime méditerranéen peut réduire la quantité de certains dépôts de graisse, même si vous ne perdez pas de poids important dans le cadre de l'effort", ajoute-t-elle. L'étude montre que, même avec une perte de poids modérée, il s'est révélé plus efficace qu'un régime pauvre en gras en diminuant certains réservoirs de stockage de graisses, y compris au niveau viscéral (abdominale profonde), intra-hépatique (foie), intra-péricardiques (cœur) et pancréatiques.

Les diminutions les plus importantes des dépôts graisseux étaient au niveau du foie (-29%), viscérale (-22%) et du cœur (-11%) cependant, les dépôts de graisse dans les sinus rénaux (rein), fémoral-intermusculaire ou cervical (cou) n'ont été altérés que par la perte de poids et non par des stratégies de régimes alimentaires différentes. Or, il est connu que la localisation des graisses dans les différentes parties du corps favorise certaines maladies: la graisse viscérale est par exemple associée à un plus grand risque de maladies cardiovasculaires.

La perte de poids ne fait pas tout

"Nous avons appris dans cette étude qu'une perte de poids modérée mais persistante peut avoir des effets bénéfiques sur les dépôts de graisses liés au diabète et aux maladies cardiovasculaires", précise le professeur Shai. "Un régime méditerranéen, riche en graisses insaturées et faible en glucides, était une stratégie plus efficace qu'un régime faible en gras pour renverser de façon spectaculaire les sites de stockage des graisses morbides."

Les chercheurs ont également constaté qu'une perte de graisse au niveau du foie et de la ceinture abdominale était associée à un meilleur profil lipidique. enfin, la perte de graisse sous-cutanée profonde est aussi liée à une amélioration de la sensibilité à l'insuline, une hormone fabriquée par le pancréas qui permet aux cellules de l’organisme de capter le sucre dans le sang et de l’utiliser pour le transformer en énergie ou pour le stocker.

Son bon fonctionnement est indispensable, puisqu'une mauvaise utilisation de l’insuline par les cellules est significatif du diabète de type 2, tandis qu'une absence de sécrétion d’insuline par le pancréas est caractéristique du diabète de type 1. "L'étude démontre que l'amélioration de la qualité nutritionnelle et l'activité physique peuvent améliorer les marqueurs de risque cardio-métaboliques par des changements dans les dépôts graisseux qui ne sont pas reflétés par les seuls changements de poids", concluent les chercheurs.

Alexandra Bresson