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Que sait-on des conditions de la mort du père de Stéphanie Bataille?

L'entrée de l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, le 15 avril 2019.

L'entrée de l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, le 15 avril 2019. - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

La directrice du Théâtre Antoine à Paris porte plainte contre X pour homicide involontaire, après la mort de son père qui, selon elle, avait contracté le Covid-19 à l’hôpital.

Stéphanie Bataille dénonce les conditions de la fin de vie de son père Étienne Draber, mort des suites du Covid-19 en janvier dernier à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, après avoir été admis pour une opération sans lien avec la maladie. Invitée sur le plateau de BFMTV ce lundi soir, la comédienne et directrice du théâtre à Antoine à Paris, a notamment accusé l'AP-HP de l'avoir enterré "nu", "dans une housse sans nom". Des affirmations que l'institution hospitalière avait déjà fermement démenti.

"Mon père est entré à l'hôpital le 13 décembre pour une opération. Il a alors été testé négatif. Il a subi son opération le 14", affirme Stéphanie Bataille sur le plateau de BFMTV. Et de poursuivre: "Mais le 18, il a commencé à montrer quelques symptômes du Covid-19. J'ai demandé à ce qu'on le teste mais cela a été refusé. Il a finalement été testé positif le 26".

"Le père de Stéphanie Bataille a déclaré les symptômes du Covid-19 au cours de son hospitalisation durant laquelle il recevait des visites dans sa chambre individuelle. Pendant la période à laquelle il y était hospitalisé, l’ensemble du personnel en contact avec lui a été testé négatif", répond de son côté l'AP-HP, dans un communiqué daté du 19 janvier.

Les visites des patients Covid pas autorisées

L'homme est alors admis dans l'unité Covid. "On a pensé que nous avions de la chance... C'était finalement un cauchemar", dénonce Stéphanie Baille. "À partir de là, ni mon frère, ni ma mère ni moi n'avons plus eu le droit de le voir. On a assisté, derrière une tablette numérique à sa dégradation", déplore-t-elle. "Nous avons seulement pu aller à son chevet quelques heures avant sa mort."

"Le patient a été transféré dans ce service, au sein duquel les visites ne sont pas autorisées en raison du profil des patients particulièrement fragiles, sauf exception", confirme l'AP-HP, rappelant les recommandations nationales alors à l'oeuvre pour protéger du risque de contamination les patients et personnels.

Les "visites ne sont pas autorisées aux personnes qui sont atteintes de Covid-19, qui présentent des symptômes compatibles avec la Covid-19 ou ont été en contact avec une personne atteinte de Covid-19 dans les 14 jours précédents", explique l'AP-HP. "Les visites des patients atteints de Covid-19 ne sont pas autorisées, sauf circonstances exceptionnelles (notamment situation de fin de vie, difficultés psychologiques majeures du patient, situation particulière d’un patient mineur) et dans ce cas, dans un encadrement fixé par l’équipe soignante."

"Notre père a été enterré tout nu"

Extrêmement affaibli, le père de Stéphanie Bataille est finalement reconduit en service de cardiologie où sa fille peut lui rendre une dernière visite.

"Lorsque l’équipe médicale a considéré que le décès allait survenir de façon imminente, les proches ont aussitôt été contactés", assure encore l'AP-HP. "Un membre de la famille a ainsi pu voir le patient avant son décès. Stéphanie Bataille a pu se recueillir auprès de son défunt père dans sa chambre au sein du service de soins. Il n’y a eu à ce moment-là aucune "interdiction de lui rendre visite."

L'actrice dénonce par ailleurs les conditions dans lesquels son père a été enterré. "Notre père, comme beaucoup d'autres malades, a été enterré tout nu, dans une housse, sans aucun nom avec juste le mot 'Covid' et un numéro", affirme-t-elle sur BFMTV. "Nous n'avons même pas pu assister à la mise en bière. Nous ne savons même pas si c'est notre père que nous avons enterré!".

Dans le contexte de l'épidémie, "les défunts atteints ou probablement atteints du Covid-19 au moment de leur décès font l'objet d'une mise en bière immédiate", rappelle le site officiel de l'administration. "La pratique de la toilette mortuaire leur est interdite, à l'exclusion des soins réalisés post-mortem par des professionnels de santé ou des thanatopracteurs". "Les soins et la toilette qui ne sont pas interdits par ces mesures sont pratiqués dans des conditions sanitaires appropriées", est-il encore précisé.

Par ailleurs, dans un avis daté du 30 novembre 2020, le Haut Conseil de Santé publique ne recommande nullement que la personne décédée doive être enterrée nue. "Le corps est enveloppé dans une housse mortuaire imperméable avec l’identification de la personne décédée et l’heure de décès inscrits sur la housse", est-il toutefois précisé.

Stéphanie Bataille a annoncé avoir déposé plainte contre X pour homicide involontaire. Elle a par ailleurs lancé une pétition qui récoltait ce lundi soir près de 14.000 signatures.

Cyrielle Cabot Journaliste BFMTV