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"Que les données soient rendues publiques": le bras droit de Didier Raoult s'attaque à l'étude critiquant l'hydroxychloroquine

Le professeur Matthieu Million plaide pour davantage de transparence afin d'analyser les conclusions de l'étude qui a conclu à l'inefficacité voire à la dangerosité de la chloroquine en guise de traitement du Covid-19.

Sa publication a conduit l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à suspendre les essais sur l'hydroxychloroquine et la France à bannir cette molécule en guise de traitement du coronavirus. Mais l'étude, publiée le 22 mai dans la revue scientifique The Lancet, est désormais attaquée de toutes parts.

Plusieurs dizaines de scientifiques ont ainsi fait part de leurs "inquiétudes" dans une lettre ouverte au sujet de la méthodologie adoptée pour réaliser cette étude. Plus tôt dans la semaine, le professeur Didier Raoult, fervent partisan de l'administration de chloroquine pour soigner le coronavirus, l'avait qualifiée de "foireuse".

Million souligne une erreur dans l'étude

Invité de BFMTV ce vendredi en début de soirée, le bras droit du Professeur Raoult a plaidé pour "la transparence" et la publication des données de l'étude, à l'instar de nombreuses voix scientifiques:

"Ce qu'on souhaite, c'est que les données soient rendues publiques, c'est-à-dire, quels sont les hôpitaux qui ont inclus des patients, à savoir que dans les données qui sont disponibles dans l'article, le nombre de décès pour l'Australie (dus au coronavirus, NDLR) est environ égal voire supérieur au nombre total en Australie au même moment, et les auteurs ont fini par répondre qu'il y avait un hôpital qui avait été mal localisé, qui était plutôt en Asie qu'en Australie", pointe le professeur Matthieu Million, responsable de l'hôpital de jour à l'IHU Méditerranée-Infection, dirigé par le professeur Raoult.

"Une étude de big data"

Le Professeur Millon s'appuie sur les 4000 patients pris en charge à l'IHU Méditerrannée-Infection par des infectiologues. Une expertise qui, selon lui, manque aux auteurs de l'étude.

"Il faut qu'on puisse voir en détail ce qu'il en est", poursuit-il. "On a l'impression qu'aucun n'a vu un seul patient infecté par le Covid. On a l'impression qu'il s'agit d'une étude de big data", une critique déjà formulée par Didier Raoult.
Clarisse Martin