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Prothèses PIP: la toxicité du gel sera testée sur des souris

Le liquide utilisé dans les prothèses PIP n'était pas certifié, mais les plaintives doivent encore prouver qu'il était dangereux pour leur santé.

Le liquide utilisé dans les prothèses PIP n'était pas certifié, mais les plaintives doivent encore prouver qu'il était dangereux pour leur santé. - Daniel Garcia - AFP

Le gel contenu dans les prothèses PIP va être testé sur des souris. Il s'agit des premiers tests menés sur des animaux.

Le gel frauduleux utilisé dans les prothèses mammaires PIP était-il dangereux pour la santé? Pour le découvrir, la juge chargée de l'instruction ouverte pour blessures et homicides involontaires va le faire tester sur des souris, a annoncé l'avocat de la partie civile, maître Philippe Courtois.

Ces tests, les premiers sur des animaux, avaient déjà été évoqués, a-t-il précisé, mais coûtent "un million d'euros", explique l'avocat, qui estime que ce montant est "exorbitant" et aurait été beaucoup plus utile pour indemniser les victimes".

Les 2.700 femmes qui ont porté plainte contre l'entreprise varoise Poly Implant Prothèse (PIP) vont donc devoir attendre avant d'être éventuellement indemnisées: les tests effectués sur dix souris commenceront en 2015. Maître Courtois craint qu'ils ne retardent la fin de l'instruction, avec notamment des demandes de contre-expertise.

Une première condamnation en première instance pour tromperie aggravée

PIP remplissait les prothèses mammaires qu'elle produisait avec un gel de silicone "maison" en lieu et place du gel certifié Nusil et avait mis en place un système pour déjouer les contrôles.

Le directeur de l'entreprise, Jean-Claude Mas, avait été condamné en première instance à quatre ans de prison et à 75.000 euros d'amende pour tromperie aggravée et escroquerie, un autre volet de l'affaire dans lequel il a fait appel.

Durant le premier procès, qui s'est tenu à Marseille au printemps 2013, Jean-Claude Mas avait reconnu l'utilisation de ce gel frauduleux, dont la composition pouvait varier en fonction des produits disponibles, mais avait persisté à nier sa nocivité.

Entre 400 et 500.000 femmes portent des prothèses PIP

L'audience n'avait pas permis de trancher la question centrale de la dangerosité du produit, les études produites étant plutôt rassurantes, mais le taux de rupture des prothèses et de "transsudation" des prothèses supérieur à la normale.

Même si ces tests peuvent "être utilisés pour démontrer le lien de causalité", l'avocat de la partie civile craint qu'ils ne retardent la fin de l'instruction, avec notamment des demandes de contre-expertise.

En France, 30.000 femmes portent des prothèses PIP. 14.327 ont déjà eu une explantation de leur prothèse, dont 10.042 à titre préventif. Dans le monde, le nombre de porteuses de prothèses PIP se situe entre 400 et 500.000 femmes.

J.S avec AFP