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Pour Didier Raoult, les Chinois "ne mentent pas plus que les Français"

Dans un entretien exclusif accordé à Apolline de Malherbe pour BFMTV, l'infectiologue controversé pour sa défense de l'hydroxychloroquine comme traitement contre le Covid-19 a répudié les critiques adressées à la Chine depuis le début de la pandémie.

Le professeur Didier Raoult, l'infectiologue de l'IHU de Marseille dont les préconisations pour un traitement à la chloroquine des malades du Covid-19 font polémique, défend bec et ongles la Chine et ses capacités médicales, alors que le pays est pointé du doigt pour son manque de transparence depuis le début de l'épidémie de coronavirus. 

Lors d'un entretien exclusif accordé à BFMTV et diffusé ce jeudi soir, l'infectiologue de l'IHU Méditerranée Infection estime d'abord qu'"avec les chiffres qu'on a", on en a "sûrement" trop fait sur ce virus.

"Quand vous voyez qu'en Chine, il y a eu 5000 morts sur l'ensemble de la population chinoise..."

"Je ne crois pas qu'ils mentent plus que les Français"

Depuis le mois de mars, la Chine est accusée par les Etats-Unis et plusieurs de leurs alliés d'avoir minimisé les effets de la pandémie sur son territoire. Mais interrogé sur le sujet, le professeur Raoult s'étrangle: "Vous n’avez pas honte de poser cette question?".

"Moi je ne crois pas qu’ils (les Chinois) mentent plus que les Français", affirme l'infectiologue. "Tout le monde ment, plus ou moins sur les choses dont vous avez la responsabilité, ça vous arrive de mentir, ça fait partie de la nature humaine. Donc je ne sais pas si les politiques chinois mentent plus que les autres. Je n’ai pas de raison de le croire". 

De la même manière, il écarte d'un revers de la main les théories selon lesquelles le virus se serait échappé d'un laboratoire chinois.

"Moi je ne crois pas mais je suis un renégat, si on me prouve que c’est vrai, mon Dieu je changerai d’avis et ça ne sera pas la première fois, mais ça ne me paraît pas vraisemblable".

"L’IHU, c’est 10% de l’hôpital de Shanghai"

Selon lui, les pays européens et notamment la France ont "beaucoup de retard sur ce qui est en train de se passer en Extrême-Orient". Il explique avoir été impressionné, lors d'un voyage en Chine en 2005, "par l’organisation et la stratégie chinoise".

"Cela m’a relancé pour la construction de l’IHU que j’avais proposée au ministre en 2003, parce que j’ai eu le sentiment d’être sous-développé à côte de la Chine. L’IHU (IHU Méditerranée Infection dont il est le directeur à Marseille), c’est 10% de l’hôpital de Shanghai et moins bien équipé qu’en 2005".
Jeanne Bulant