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Plusieurs régions de France touchées par une épidémie "inhabituelle" de gastro en plein été

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Photo d'illustration - - AFP

C’est inhabituel en plein été. La semaine dernière, le seuil épidémique de la gastro-entérite a été atteint. C’est ce qui ressort du bulletin publié ce mercredi par Santé publique France. Pour autant, les spécialistes préfèrent parler d’un "nombre élevé de cas". Et non d’une épidémie.

Le seuil épidémique de gastro-entérite a été atteint en France dans plusieurs régions, annonce Santé publique France ce mercredi. Sur la carte de France métropolitaine du bulletin hebdomadaire du réseau Sentinelles, les zones vertes restent majoritaires. Mais le jaune et l’orange, voire le rouge, symboles de l’épidémie, gagnent du terrain.

La semaine du 8 au 14 juillet, les cas de diarrhée aiguë (définis comme plus de 3 selles molles ou liquides par jour) ont été estimés à 93 cas pour 100 000 habitants, soit juste au-dessus du seuil épidémique, situé à 92 cas pour 100 000 habitants. Bien plus qu’en 2018: "L’an dernier, à la même semaine, nous étions à 51 cas pour 100 000 habitants", nous explique Charly Kengne, animatrice au réseau Sentinelles.

Le seuil épidémique de gastro en rouge
Le seuil épidémique de gastro en rouge © Sentinelles/Santé publique France

Traditionnellement, l’épidémie se produit l’hiver

"C’est vrai que mardi, par exemple, sur dix visites à domicile, trois étaient des gastroentérites", note le docteur Serge Smadja, secrétaire général de SOS Médecins France. "Traditionnellement, l’épidémie se produit l’hiver, au moment des fêtes de fin d’année. Mais on observe de plus en plus des vagues de gastro-entérites à d’autres périodes de l’année, par exemple à la rentrée de septembre", explique à BFMTV le médecin parisien.

Au niveau régional, la Corse est la plus touchée, avec 155 cas pour 100 000 habitants, devant les Pays-de-la-Loire, avec 128 cas pour 100 000, et la Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 118 cas pour 100 000.

Se savonner ou désinfecter les mains

"Pour l’instant, on ne peut pas parler d’épidémie mais d’un nombre élevé de cas", précise Charly Kengne. "Il faut surveiller l’évolution", estime Serge Smadja. "Atteindre le seuil épidémique ne signifie pas que le virus va s’étendre et qu’une épidémie va s’installer", estime-t-il. D’ailleurs, dans son bulletin, le réseau Sentinelles précise que "le taux d’incidence devrait se consolider sous le seuil épidémique une fois toutes les données (de médecins, ndlr) disponibles".

Pour limiter la contagion, les "mesures barrière" restent les plus efficaces: "contrairement à la grippe, la transmission de la gastro-entérite est très peu aérienne. Elle se transmet essentiellement par les mains donc il faut bien les désinfecter ou les savonner et nettoyer ses toilettes, sans oublier les poignées de portes", rappelle le docteur Smadja.
Margaux de Frouville