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Plats au poisson: les industriels entretiennent le flou sur les étiquettes

Dans un plat préparé de pâtes au saumon, quelle part de poisson consomme-t-on vraiment?

Dans un plat préparé de pâtes au saumon, quelle part de poisson consomme-t-on vraiment? - -

L'association de consommateurs CLCV a étudié les étiquettes de 70 produits à base de poissons. Son constat est sans appel: le flou de l'étiquette est savamment entretenu par les industriels.

Lorsque vous achetez des plats cuisinés au poisson, savez-vous vraiment ce que vous consommez? Non, répond l'association de consommateurs CLCV, qui a mené son enquête et en publie lundi les résultats.

L'association a étudié les étiquettes de 70 produits à base de poissons (parmentiers, brandade, panés, croquettes, nuggets, rillettes, surimis, soupes et plats cuisinés), issus à la fois de marques nationales et de marques distributeurs. Résultats: les informations sur l'étiquetage des plats cuisinés contenant du poisson restent trop souvent imprécises, avec un flou savamment entretenu sur les espèces utilisées ou le pourcentage exact de poisson contenu dans chaque produit

Un "mélange peu ragoutant" de morceaux de poisson

CLCV souligne d'abord que la plupart de ces produits sont fabriqués, non pas à partir de filets de poisson, mais plutôt de "chair" ou de "pulpe de poisson". C'est le cas dans 80% des 70 produits examinés.

Et derrière ces termes un peu vagues, on trouve un "mélange peu ragoutant" de chutes de filetage, desquelles sont enlevés tous les morceaux nobles (filet, darne, baron), et auxquelles s'ajoutent des arêtes, de la peau, le tout mixé dans des broyeurs à très forte pression, explique la CLCV. Sans être dangereux pour la santé, ces produits restent "de qualité très médiocre", note l'association.

Saumon, colin ou merlu? "Impossible de savoir"

Par ailleurs, l'analyse des étiquettes montre qu'il est très souvent difficile de savoir exactement quelle quantité de poisson est contenue dans chaque produit, ni même de quelle espèce il s'agit. Sur plus de la moitié des produits testés, notamment dans les soupes, les surimis et les croquettes, le type de poisson n'est pas mentionné. Il est remplacé par des indications floues comme "poisson" ou "poisson blanc".

"Est-on en présence de merlu, de cabillaud, de colin ou de saumon ? Impossible de le savoir", explique la CLCV.

Enfin, pour déterminer quelle quantité exacte de poisson on ingurgite quand on mange -par exemple des pâtes au saumon en plat préparé-, les consommateurs doivent souvent prévoir la calculette, prévient-elle.

Certains fabricants se contentent de mentionner d'un côté la quantité de poisson dans la farce qui a servi à la préparation, puis le pourcentage de farce dans le produit final, charge ensuite pour le consommateur de faire les calculs.

Au final, 30% des produits étudiés ne fournissent aucun pourcentage de poisson explicite, et directement exploitable. Souvent pour masquer le fait qu'en réalité, on y retrouve moins de 30% de poisson.

L'association demande donc aux pouvoirs publics et aux professionnels de travailler à une clarification des règles d'étiquetage pour permettre aux "consommateurs de comparer et tout simplement de savoir ce qu'ils mangent".

Produits à base de poisson - Etude de l'association CLCV publié par Fil_actu

S. C. avec AFP